‹ La messe (volume 3)Chapitre 62 sur 341 · Muratori, Antiq. medii cevi dissert., 41, vol. III · texte numérisé non relu

Muratori, Antiq. medii cevi dissert., 41, vol. III

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MESSE

CHANDELIERS

Venise, que nous avons attribués à l'époque carlovingienne, et qui représente la messe de saint Marc, on voit les chandeliers placés aussi à droite et à gauche; ils sont d’une grande dimension, composés de quatre fuseaux successifs, posés sur un trépied et soutenant une bobèche profonde. — Les cierges qu’on y voit fixés semblent être peints. (PI. CDXLIX.)

Lebrun-Desmarettes rappelle encore cet usage pour une église de son temps1, et nous voyons dans des vitraux de Beauvais ( xi i Ie siècle) un cierge posé à terre devant l'autel. PI. CDLVIII.

Au milieu des mutilations de ses miniatures, le manuscrit de saint Grégoire de Nazianze nous laisse encore voir de curieux types de chandeliers byzantins, grands balustres tout ornés de feuillage et d’imbrications en or et portant les cierges sur une large bobèche. Ces magnifiques chandeliers étaient portatifs; nous les voyons entre les mains du céroféraire, pendant les funérailles; dans la. scène de l’ordination de saint Grégoire, nous les voyons placés sur un stylobate élevé. Ils semblent appareillés par paire. (PI. CDLVI et CDLXVII.) Dans les temps modernes, les chandeliers des acolytes peuvent se poser sur un petit autel, à droite du grand.

Un autre manuscrit grec de la réserve (70, Armoire xvn),nous montre un ciborium entre deux chandeliers en fuseaux du même genre, mais posés à terre, à la mode romane.

Xe SIÈCLE.

Muratori prétend qu’en souvenir des anciennes prodigalités qu’on faisait pour l’éclairage des églises, le nom de luminaria leur est souvent resté en Italie.

Le peuple intervient de plus en plus dans cet acte de piété qui valait non seulement à l’Église une pompe brillante, mais aussi aux fidèles qui

t. Voyages liturgiques, p . 126.

s’y livraient, la rédemption de leurs âmes; il se forma des confréries dans l’unique but de soutenir ces dépenses; Muratori rapporte un document d’un rare intérêt, qui nous donne les noms des associés, dans l’église de Modène, vers’ 980. Le texte nous montre toujours la même p>ensée de rappeler par le luminaire liturgique les splendeurs du ciel: «Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Voici les noms des hommes et des femmes qui, « par crainte de Dieu, par amour du Christ, ont « donné de l'argent au luminaire de l’église pour « le rachat de leurs âmes, afin que Dieu illumine « aussi leurs âmes dans le saint Paradis. Avec « l’aide de Dieu, ils promettent de faire chaque « année la même chose.» ( Suivent cent vingt noms.)

Atton, évêque de Vercelli (-J- 960), se préoccupe du luminaire de son église et du nombre d’hommes qui sont chargés des cierges1.

Fréderonne, épouse de Charles le Simple, envoya en 907 à l’église de Reims 2 un beau candélabre qui se composait de huit parties; on y voyait les quatre évangélistes au milieu des rinceaux et des cristaux taillés qui l’enrichissaient; je ne crois pas qu’on puisse le confondre avec deux fragments qui subsistent au musée et qui sont du xie siècle.

L’inventaire de Clermont mentionne : « Can- « delabros vi argenteos mi et duos minores de « argento », etc.

Un psautier de la Bibliothèque de Stuttgard ’ nous offre dans une miniature un chandelier du xe siècle; la tige, composée d'une série de boules, supporte une large bobèche et se dresse sur un trépied à griffes; au-dessus de la bobèche, paraît une pointe dans laquelle le cierge était enfilé; c'est toujours à peu près la donnée du chandelier antique.

On voit l’emploi qu’on faisait des cierges, alors, pour la translation des reliques dans l'évangéliaire de Bruxelles; nous avons gravé cette miniature. (PL CDXXI.)

1. Investigandum nihilominus de luminaribus ecclesiæ aut quot cerarios habeat ipse titulus.

Attonis, Vercel. episc., cap. 9G0.

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