Cltroniç. cassin., Migne, clxxiii, 79D
CHANDELIERS
dans son église du mont Cassin, sur laquelle on plaçait cinquante chandeliers et sous laquelle trente-six lampes étaient suspendues à des crochets. La trabe était double, elle se composait d’une poutre de bois magnifiquement sculptée, peinte, dorée, et d’une poutre juxtaposée, soutenue près de la première par des bras et des mains de bronze, sur laquelle était établi le luminaire; c’était peut-être par précaution contre l’incendie. L’usage des bras au moyen âge était fréquent ; nous en avons dessiné un à Pise qui supporte une lampe. Olaus Worms rapporte dans ses Monuments danois, pour le jour de la Purification, qu’on appelle dans le pays Kendelmess 1 une peinture qui représente une main avec un cierge.
Didier, parmi les magnificences qu’il déploya au mont Cassin pour le luminaire, fit construire une autre trabe revêtue d’environ soixante livres d’argent et dorée, devant la tribune et l’autel2; elle était soutenue par quatre colonnes d’argent en partie dorées, qui pesaient chacune dix livres d’argent et avait cinq coudées de haut ( 2 m 5 5 ) , de sorte qu’on pouvait facilement passer dessous.
Il fit encore six grands chandeliers de im53 3, recouverts de lames d’argent ciselées, qu’on plaçait les jours de grandes fêtes devant l’autel en ligne droite et qu’on allumait avec de hautes ou petites torches.
Devant le magnifique ambon, il éleva une colonne d'argent en partie dorée, de plus de trois mètres, reposant sur une base de porphyre, et qui servait de chandelier pascal.
Enfin, il ordonna la fameuse couronne . de lumières dont parle plus haut Léon d’Ostie.
Un manuscrit du xie siècle nous montre des flambeaux rapprochés du regnum et du calice, ce qui leur prête un caractère liturgique; ils rappellent ceux de la fresque de saint Clément, dont nous parlions tout à l’heure. (PI. CDXLVIII.)
Un autre manuscrit nous fournit un chandelier en forme d’arbre; c’est un exultet exécuté sous Pascal 1 1 ( 1 099- 1 1 1 8); je n'ai jamais vu le symbolisme aussi bien exprimé4.
1. Les Allemands l’appellent Lichtmesse, c’est-à-dire la messe des lumières.