Henri Otte, Manuel d’Arch
Sighart.
de trois dragons, d’entrelacs compliqués, de dauphins sur lesquels sont montées des figures humaines. (PI. CDLI.)
A la même catégorie nous rattacherons les flambeaux de Kremsmünster, qu’une tradition prétend faire remonter à l’époque de Tassilon, mais dont le style, semblable à celui d’Hildesheim, nous oblige à les classer au xte siècle. (PI. CDLIX.)
L’usage de mettre les flambeaux sur l’autel ne dut pas s’établir tout à coup, ni généralement ; on conserve dans le cabinet du roi de Bavière une plaque d’ivoire au centre de laquelle on voit une orante, peut être la sainte Vierge, dans l’attitude qu’on lui prête au moment de l’Ascension, et de chaque côté deux flambeaux d’environ un mètre, pris à l’échelle; or ces flambeaux, d’une forme antique, avec la tige en fuseaux, sont posés à terre et d’une trop grande dimension pour être supposée faite pour l’autel. Le P. Cahier pense qu’ils représentent l’Ancien et le Nouveau Testament1.
Ce qui est plus explicite encore, c’est un vitrail de Laon du xne siècle, qui nous montre l’autel nu et précédé de deux chandeliers posés à terre2. J’en ai dessiné du même genre dans les vitraux de Beauvais. (PI. CDLVIII.)
On conserve à Essen3 (Westphalie) un chandelier à sept branches, de 2m5o de hauteur, qui rappelle celui de Moïse; c’est une tige à laquelle se rattachent deux demi-cercles concentriques et portant des cierges, trois de chaque côté.
L’Eglise ne perdait jamais de vue la pensée symbolique dans le luminaire du sanctuaire ; saint Anselme considère trois choses dans le cierge : la cire signifie la chair virginale du Christ, la mèche qui est intérieure représente son âme, et la flamme la divinité.
Chaque cierge retraçait en lui-même la Trinité: le Père figuré par la cire, le Fils par la mèche, l’Esprit-Saint par la flamme qui unit la mèche et la cire, s’alimentant des deux en même temps4 .