‹ La messe (volume 3)Chapitre 7 sur 341 · De lapsu virg., V · texte numérisé non relu

De lapsu virg., V

LAMPES

quels on trouve des détails intéressants sur le luminaire ecclésiastique de son temps :

Pinguis quos olei rore madentibus.

Lychnis, aut facibus pascimus aridis;

Quin et fila favis scirpea floreis,

Presso nielle prius, collita fingimus.

Vivax flamma viget, seu cava testula Succum linteolo suggerit ebrio,

Seu pinus piceam fert alimoniam Seu ceram teretem stuppa calens bibit *.

D’après cela, on voit que les lychni étaient remplis d’huile, qu’on y trempait une mèche composée de filaments de joncs enduits de cire. Le poète semble les distinguer des lampes d’argile dans lesquelles on plongeait une mèche tissée de lin; il nous dit aussi qu’on faisait des torches avec des branches de pins desséchées ou avec des étoupes imbibées de cire.

Il ajoute encore :

Argenteis scyphis ferunt Fumare sacrum sanguinem Auroque nocturnis sacris Astare fixos cereos 2.

Il y avait donc des cierges fixés sur des candélabres, mais je crois que la plus grande partie du luminaire était formée pardes lustres qu’attachaient des cordes d’or aux riches soffites des plafonds ; l’effet de cette multitude de flammes qui s’agitaient dans leurs calices de cristal était merveilleux, Prudence les compare à la poussière d’étoiles qu’on foule aux pieds dans la voie lactée, et, çà et là, aux fruits pourpres des Hespérides.

Saint Paulin n’avait pas oublié le luminaire dans ses basiliques. Il y avait mis des candélabres avec des cierges peints (ceras depictas), tradition qui s’est perpétuée à Rome jusqu’à nos jours; il les avait garnis de mèches en papyrus qui exhalaient en brûlant d’excellents parfums.

Les lustres surtout étaient splendides; il les décrit avec complaisance, comme un auteur qui trouve la récompense de ses efforts dans le succès de son œuvre.

« Il fallait voir surtout les lychni suspendus par de longues chaînes de bronze aux soffites et se balançant au milieu de la nef. On aurait dit des

1. Cathemerinon, Hymnus de novo lumine. Prudentii opéra, Paris, 1687, in-q».

Migne, t. LIX, p. 819.

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