‹ La messe (volume 3)Chapitre 78 sur 341 · Abbé Corblet, Art chrét., 1 88 3 , p · texte numérisé non relu

Abbé Corblet, Art chrét., 1 88 3 , p

XIIIe SIECLE.

portés sur l'autel, nous voyons, au moment de l’élévation, le servant tenir dans sa main droite un cierge allumé, pendant que de la gauche il soulève les plis de la chasuble du prêtre. Sur la messe de saint Martin, à Assise, on voit ce nouvel usage. (PL XX.) On en peut saisir aussi les témoignages, sur un manuscrit italien de la Bibliothèque nationale, dans des manuscrits de Rouen, etc., que nous avons gravés. (PI. CDLIX.) Ces cierges sont toujours de grande dimension, souvent de plus d’un mètre de haut, les uns simples, les autres enroulés en spirale, ou formés de faisceaux avec des attaches croisées. (Vov. PL CDLXXXIV, DXII, etc.)

Bibliothèque de l'Arsenal. — Manuscrit du Rational de Durand.

Les peintures d’Assise méritent de fixer l’attention pour le luminaire dont elles nous montrent l’ancienne disposition, celle surtout qui représente saint François devant la crèche. (PL XX.) En raison, dit Mgr Barbier de Montault, de la solennité, des chandeliers ont été placés sur les quatre angles de l’ambon et autant sur le chancel, un flambeau sur l’autel, une herse lumineuse derrière, et enfin des cierges tout autour du pupitre, pour éclairer le psautier. Ces cierges me rappellent le pupitre à évangéliaire dessiné par M. Middleton dans une église copte. (PL CDL.)

Nous donnons (PL CDLVI) le dessin d’un chandelier que nous avons copié dans le trésor de Venise1. Il se compose de trois fuseaux et quatre boules en cristal de roche reliées par des bagues d’argent, le pied triangulaire est soutenu par trois lionceaux. Je ne crois pas cette pièce de travail oriental, comme la plupart des objets de ce trésor; en effet, Mgr Barbier de Montault en décrit deux

i, J. Durand, Ann. areh ., XXI, p. 842.

| tout à fait semblables dans le trésor de Bari, et l’inventaire de Charles d’Anjou les considère comme une œuvre spéciale de l’industrie vénitienne : « Item duo magna candelabra de cristallo « munita argento ad opus Veneciarum. » Il est donc bien naturel de penser que Venise ait conservé ce reste de ses anciens ateliers d’orfèvrerie.

Les ateliers de Limoges, comme dans toutes les branches de l’orfèvrerie au xme siècle, nous offrent j ici de nombreux spécimens ; dès la fin du xne siècle, au moment où les chandeliers parurent sur l’autel, on vit les ouvriers limousins façonner de petits flambeaux, composés d’une tige cylindrique, souvent ornée d’imbrications, coupée dans le milieu d’un nœud avec arabesques d’émail, couronnée d’une bobèche et d’une broche, supportés par trois pieds que réunit une surface bombée et décorée d’arabesques en émail. Ces objets, reproduits en grande quantité, sont une sorte de protestation contre le rococo de la dernière manière romane, une réaction contre l’excès des reliefs; ici tout est uni, plat; à peine si de légères indications de saillie paraissent sur les pieds et la tige; ce serait presque pauvre, sans l’éclat des couleurs qui suppléent aux rondes bosses.

Nous aurions une grande tâche si nous voulions recueillir tous les flambeaux limousins qui existent encore; nous nous contenterons d’en citer quelques-uns qui pourront être examinés en cette circonstance :

Musée de Cluny1, hauteur om3o; — collection Spitzer; —collection de M. Jouvé, à Bordeaux-.

Musée de Hal à Bruxelles: sur le pied monogramme du Christ, surfond blanc etles arabesques qui l’entourent, sur fond bleu3; — Trésor de Reims; — église d’Argenton (Indre), hauteur, omi 7*; — Angers3. (PL CDLVII.)

Il est à croire que ces flambeaux furent très renommés aussi à l’étranger, car nous en trouvons un assez grand nombre hors de France, et il est difficile de croire que ce soit toujours de la part

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