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Dom Guéranger, Institutions liturgiques, III

LIVRES LITURGIQUES

taires inconscients de nos croyances; ils sont pour ainsi dire nos porte-livres1 : « Tanquam capsarii nostri sunt. »

Il est probable que les Elébreux avaient emprunté aux Égyptiens leur usage des livres.

Du temps des Macchabées2, et probablement auparavant, ils lisaient une leçon du Pentateuque et une autre des prophètes. Cette lecture avait lieu dans les Synagogues le jour du Sabbat.

Persuadé que les livres liturgiques sont presqu’aussi anciens que l’Eglise, et que les chrétiens profitèrent, dans une certaine mesure, des moyens de publication qu’ils trouvaient près d’eux, nous pouvons chercher dans les formes des livres païens eux-mêmes, celles que les chrétiens donnèrent tout d’abord aux leurs.

C’est une loi de nature, dit D. Guéranger3, sanctionnée par son divin Auteur, que la beauté esthétique de la forme vienne s’adjoindre comme complément à toutes les œuvres au fond desquelles résident la sainteté et la vérité; c’est en vertu de ce principe que les livres liturgiques devaient être, sous le rapport de la forme, les plus remarquables de tous.

Les livres sur lesquels doivent s’exercer nos investigations, et qui servent au sacrifice, suffiraient à constituer l’histoire de l'art paléographique dont ils occupent les sommets.

Voici ceux dont nous devons nous occuper : ce n’est pas seulement le missel plénier dont l’usage est général depuis environ huit siècles, mais encore les vénérables recueils connus sous le nom de sacramentaires, contenant le canon sacré, les oraisons et les préfaces; leseï ’angéliaires destinés au service de l’autel, tant ceux qui renferment le texte suivi des Évangélistes avec des indications marginales ou des tables qui déterminent les passages qu’on doit lire dans les fonctions liturgiques, que ceux où ces passages sont isolés du texte et rangés selon l’ordre des dimanches et fêtes; les épistoliers qui contiennent soit le texte entier des épîtres apostoliques, soit des fragments détachés pour l’usage liturgique; les bénédictionnaires , rédigés en dehors des sacramentaires et faisant livres à part, etc. — Les psautiers , antiphonaires, les

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