RECEPTION DE L'EUCHARISTIE
incessamment et qui prouve le mieux la pensée de l’artiste, le souvenir de la mer de Tibériade, et par conséquent le symbole eucharistique, est le nombre sept. Le plus souvent six corbeilles sont rangées aux pieds du Sauveur, comme l’étaient lescanistra des offrandes attendant la consécration dans les basiliques antiques, et la septième est entre les mains de l’apôtre qui la lui présente; des exemples pourront être cités, à Arles, à Saint- Félix de Girone, à Astorga, à Rome, au Vatican, au musée de Latran, villa Carpegnano, à Syracuse, etc. Lorsque nous ne voyons que cinq corbeilles posées sur le sol, comme au musée de Latran, il arrive que les deux autres corbeilles sont entre les mains des assistants.
Les représentations du miracle de Cana sont moins fréquentes, mais il est remarquable qu’elles accompagnent presque toujours celles des pains, comme le second élément eucharistique. Les artistes ne s’accordent pas sur le nombre des urnes. Nous en trouvons trois sur plusieurs sarcophages du Latran, à Arles, à Saragosse; quatre sur un marbre du même musée ; quatre encore au Latran ; cinq sur trois sarcophages du Latran, sur un sarcophage provenant du cimetière de Lucine; six encore au Latran et à Madrid à l’Académie royale d’histoire. Notre-Seigneur est toujours figuré les touchant de sa verge, jamais directement de la main.
La plupart des représentations de banquets eucharistiques qu’on vient d’examiner appartiennent au iv° siècle. Plusieurs cependant doivent être classées au ve ; c’est aüssi à cette date qu’il convient d’attribuer l’ivoire de Brescia1. Ce chefd’œuvre, que l’on conserve aujourd’hui dans la bibliothèque Quiriniana, nous présente des scènes de festin dans lesquelles on peut reconnaître un caractère sacré; dans l’une, cinq convives sont groupés autour du poisson sacré et des cinq pains, un dégustateur s’approche à gauche avec un calice et une aiguière pour leur offrir du vin. Dans l’autre on retrouve les cinq convives, mais le poisson est remplacé par une poule sur le plat2.
Nous devons rapprocher de ce monument l’ivoire du dôme de Milan, d’une physionomie tout à fait antique ; la table est en sigma, le Sau¬
1. Nous en avons fait faire la photographie pour notre ouvrage.