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Moran, Essays on the early irish church, p

VIe SIÈCLE. — CALICES D’OR ET D’ARGENT. — GOURDON.

d’Anastase (-{- 5 1 8) et vingt-cinq de Justin Ie1'

Le vase est composé d’une coupe à large coL à panse godronnée, portée sur un pied conique et cannelé; il est accompagné de deux anses qui semblent affecter la figure de dauphins dont l’œil est formé par une pierre. Le col est orné de six feuilles j de deux sortes, alternativement disposées et re- ! liées entre elles par des entrelacs que dessine un gros filet d’or granulé et qui sont soudés sur le fond; les unes, larges, en raies de cœur, sont formées de verres rouges, les autres, imitations de feuilles de vigne, sont des turquoises, malheureusement décomposées par l’humidité. Cette frise est arretée haut et bas par un fil d’or passé dans des anneaux qui devaient maintenir, comme aux calices de Venise, des colliers de perles que l’humidité a détruites aussi. Les anneaux portaient de plus des pendeloques, comme on peut le deviner par la présence d’un second anneau qui subsiste. Nous avons restauré ces ornements sur notre dessin. (PL CCLXXXI V.)

La hauteur de ce petit vase n’atteint pas omoo8; son poids s’élève à environ io5 grammes, soit la valeur de 36o francs de notre monnaie : je n’ai pu le peser qu’approximativement, à cause de la petite tige de bois qui sert à le fixer, et dont je n’ai pu le séparer dans la balance.

Le plateau auquel il est joint est un parallélogramme de omiq5 sur omi25, haut de om02. Il est entouré d’une bordure de om02 de large : cette bordure offre aux angles quatre trèfles entre lesquels s’étend, sur chaque côté, une chaîne de losanges ondulés à la pince et formant autant de cloisons d’or, rapportées et soudées sur le fond. Cette suite de losanges est comprise entre deux lignes de petits cercles d’or exécutés par le meme procédé; les divisions de ces dessins ne les font pas aboutir exactement aux angles; entre toutes ces cloisons d’or sont encastrées de petites plaques de verre, imitations de rubis. Dans le fond du

i. Voyez les auteurs suivants :

Labarte, Arts ind., I, p. 27?.

Didot, Ameubl. relig., p. 33.

Bull, mon., XIII, p. 53 1 .

Transactions of the royal irish academy , 1874, p. 443.

Société d’archéologie de Chalon-sur-Saône, 1846, pl. X.

Orfèvrerie religieuse, recueil aux estampes. Chromo.

plateau une croix pattée, saillante, a reçu la même ornementation de verres cloisonnés; aux angles quatre feuilles ou cœurs remplis de turquoises rappellent les ornements du calice,et prouveraient, s’il était nécessaire, la communauté d’origine et d’emploi. Le plateau repose sur une élégante galerie d’or, haute de omoo8, dont le style, tout à fait antique, rappelle les découpures faites autour de certaines médailles antiques. Il pèseq35 grammes, ce qui suppose 1440 francs de notre monnaie actuelle L

Deux questions se présentent à nous dans l’étude de ces vases, celle de leur destination et celle de leur âge.

Ont-ils été faits pour le saint sacrifice? En rapprochant ce calice de ceux que nous examinions tout à l’heure à Monza, la réponse ne peut être qu’affirmative. La petitesse de ses dimensions, qui a fait l’objet d’objections, ne peut l’infirmer, car, pour les calices funéraires surtout, et c’est dans leur catégorie que celui-ci semble devoir être rangé, les dimensions étaient très restreintes quand il s’agissait de métaux précieux; le calice d’or trouvé à Trêves dans le tombeau de l’archevêque Poppo (4 1049) n’a que omo5 de hauteur; celui de Gerholdus, à Salzbourg, omio5.

Le doute n’est pas plus permis pour le plateau. La croix au centre n’est pas seulement la preuve d’une destination religieuse, mais aussi une caractéristique qui détermine la fonction des patènes primitives. La description d’une patène que fit faire le pape Sergius, pourrait s’appliquer à celle-ci : « Hic fecit patenant auream majorent « habentem gemmas albas et in medio ex hyacinto « et smaragdo crucem pensantem libras viginti.» Si les premières patènes furent empruntées à la vaisselle domestique, ou en devinrent une imitation, on ne s’étonnera pas de voir à celle-ci une forme carrée. Les anciens connaissaient la Icinx quadrata, d’abord en bois, puis en matières précieuses, et qui servait pour apporter les mets ou les fruits; une peinture de Pompéi représente un ustensile de ce genre tenu par un esclave qui sert des convives 2.

Pour la question relative à l’àge de ces vases, nous ne saurions mieux faire que de rapporter ce

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