‹ La messe (volume 4)Chapitre 12 sur 335 · RECEPTION DE L’EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

RECEPTION DE L’EUCHARISTIE

« ces gouttes à tes yeux, à ton front pour les sanc- « ti fier. »

« Considère, disait saint Chrysostôme (-]- 407), « ce que tu reçois dans ta main, et sache la con- « server pure de toute avarice et de tout larcin; « pense que non seulement tu tiens l’Eucharistie « dans ta main, mais que tu la portes à ta bouche, « et tâche de conserver ta langue pure de toute « médisance, de toute parole deshonnête. » (Hom. in recens baptizat.) Le même docteur, dans une autre homélie (hom. 61 ad popul.), nous apprend, ainsi qu’Athanase (epist. ad solit. ), que les laïques, au lieu de s’approcher des chancels, avaient devant eux de petites tables qu’on frottait avec des éponges (Thiers).

Sozomène (f q5o) (Hist. eccl., VIII, 5) raconte qu’une femme, après avoir reçu le pain dans la main, en passa un fragment à sa servante.

Sophronius de Jérusalem (Mai, Spicil. rom., p. 284. — Garrucci, Stor. dell’ arte, I, 127) écrit qu’un certain Julien s’approcha pour communier les yeux baissés et le corps incliné.

La coutume était la même en Occident. Saint Ambroise (-]- 397 ) défend à Théodose de recevoir l’Eucharistie dans ses mains souillées de sang.

Saint Augustin (*j- q3o) parle d’un évêque qui mettait le pain dans les mains d’un prêtre et le recevait de la même manière. Il recommande ailleurs aux hommes de laver leurs mains avant la Communion, ce qui montre qu’ils la recevaient de cette façon (Serm. de tem., p. 252): « Omnes viri « quando communicare desiderant, lavant manus « suas, et omnes mulieres nitida exhibent lintea- « mina, ubi corpus Christi accipiant. »

Il montre encore qu’on communiait aux chancels dans l’Eglise d’Afrique : « A communione se « cohibeant, qui sciunt quianovi peccata ipsorum, « ne de cancellis projiciantur. »

La Communion debout est rappelée dans les liturgies, particulièrement dans les constitutions apostoliques (VIII, 12), par ce mot : « Erecti ad Dominum stemus ! » — M. de Rossi considère les constitutions comme du ive siècle '.

Le monument le plus intéressant qui nous rappelle la réception de la Communion dans les mains du fidèle est assurément l’épitaphe de Pectorius, enterré dans le cimetière de Saint-Pierre d’Estrier,

Page 1