Id., III, 10, (Migne, 25o
voit dans le récit du pillage de la basilique Saint-
Vincent: « . cunctamque supellectilem quant in-
« venire potuerunt, cum sacris ministeriis abstu- « lerunt » L
Le passage relatif au diacre qui portait le saint Sacrement et qui vit la tour s’échapper de ses mains indignes, n’est pas à citer ici, car la version la plus plausible me paraît mysterium et non ministerium 2.
Le testament de saint Aredius est très explicite : « Quod unusquisque locus sanctus ibi habeat « ministerium declaratum rectum duximus inse- « rendum : id est turres quatuor, cooperturiolos
« holosericos très, calices argenteos quatuor .
« patenam argenteam, etc., etc., » puis une foule de voiles, de pâlies et d’objets religieux3.
C’étaient là les grands ministères employés dans les églises et pour un usage fixe, mais Grégoire de Tours nous apprend à propos de Maxime, abbé, qu’il y en avait de portatifs, qu’on suspendait au cou . « sacerdos habens ad collum cum
« Evangeliorum libro ministerium quotidianum « id est patenulam parvam cum calice. » On voit qu’ici le ministère est distinct du livre, que c’est un coffret, garni d’une bandoulière et renfermant une très petite patène et son calice. On voit de plus qu’il s’agit, non d’une chose abstraite, mais d’un objet déterminé, collectif, comprenant l’ensemble de plusieurs ustensiles dans sa signification. Au moyen âge les pèlerins avaient de petits sacs pour porter les reliques qu’ils s’attachaient au cou avec une lanière de cuir et qui étaient ornés de pierreries ; j’en ai dessiné un de ce genre dans le trésor de Sens (voyez ciboires); il est probable que le ministère portatif était assez semblable; il devait souvent contenir l’autel portatif, les pains et le vin, en un mot ce qu’on trouve dans les tombes sacerdotales. Les anciens avaient coutume de munir leurs morts des ustensiles de voyage ; un reste de cet usage subsistait chez les chrétiens.
Le ministerium nous est encore signalé dans les temps carlovingiens 4, et, à cette époque, où les monuments figurés deviennent moins rares, nous pouvons, je crois, en trouver des images ; je