‹ La messe (volume 4)Chapitre 136 sur 335 · Bull. arch. de Tam-et-Garoune, 1872, p · texte numérisé non relu

Bull. arch. de Tam-et-Garoune, 1872, p

M. Lagrège.

CALICES

Le musée de Toulouse nous a donné plusieurs images de calices sur ses sarcophages. Le premier est sculpté sur un tombeau découvert en 1 8 5 g , place Saint-Etienne. Il occupe le milieu de la plus élevée des zones qui en divisent le devant. Il est peu élevé, cannelé sur la panse, muni de deux anses qui reviennent sur ellesmêmes par une cambrure comme celle du sarcophage de Bordeaux. Du col s’échappent une feuille pyramidale et des rinceaux qui s’étendent à droite et à gauche sur la frise. (PI. CCLXXXVI, % 7-)

Un autre sarcophage du même musée a été découvert dans le voisinage de Saint-Sernin (fig. 4); le calice y porte un col large, peu élevé, cannelé, séparé de la panse par un câble, la panse garnie de canaux, le pied conique. De ce vase sortent une touffe pyramidale, et par derrière des branches de vigne qui couvrent toute la face principale.

Un sarcophage disposé dans la cour (fig. 6) nous a montré encore sur un de ses tympans un petit calice sans anses.

Le musée chrétien du Louvre possède un monument qui se rattache étroitement par son style aux précédents, le tombeau de saint Drausin, évêque de Soissons, qui mourut en 674. Comme nous le disions, cette analogie et la date peuvent nous le rendre intéressant dans cette étude (fig. 5). On y voit sculpté sur son couvercle un calice à col évasé, dépourvu d’anses et qui sert de souche à des rinceaux de vigne 1. Bien que ce couvercle ne soit pas celui fait pour le tombeau, sa conformité exacte de style et d’époque avec l’urne qu’il recouvre nous permet de les identifier.

Près de ce tombeau on en voit exposé un autre qui provient de Cadarcet (Ariège) et qui nous offre à peu près la répétition de ceux que nous venons de décrire ; on y remarquera le câble qui accuse la séparation entre le col et le corps même du vase (fig- 2).

1. Pour ce monument, 011 peut consulter le manuscrit de Tersan, fonds français, 6954, Bibl. nationale.

Hist. de l’Abbaye royale de N. -D. de Soissons, par D. Germain. Paris, 1675, in-40.

Il est gravé dans les Ann.bènèd. de Mabillon, t. I, p. 662.

E. Fleury, Antiq. et monuments du départ, de l’Aisne , II, p. 95.

Le Blant, Insc., I, p. 440, dit que le couvercle a été remplacé par un autre de la même époque.

Le tombeau de saint Drausin nous prouve que ce style funéraire n’était pas seulement recherché par les provinces méridionales ; voici un autre marbre du même genre que nous avons estampé à Saint- Denis et qui se trouve maintenant au Louvre. Nous n’avons plus que le devant du tombeau partagé en trois panneaux par des pilastres cannelés. Les panneaux latéraux sont ornés de strigiles, celui du milieu porte un calice de forme élancée surmonté d’une croix pattée et accompagné de deux arbustes sortant du sol, avec tiges depampres. Une inscription d’époque tardive est gravée sur les côtés des trois premiers pilastres et sur leur entablement 1 : -f-0 qui legis vera obaudis , quod fueram es, quod sum eris, in oracionibus memor sis mei , si alius tu es dum oraveris pro me corripe te antequam aveniat tempus tibi finis. Ce monument, suivant M. de Guilhermy 2, doit remonter à la fondation de l’abbaye, c’est-à-dire au vjic siècle. On l’appelait communément le tombeau de saint Ladre (Lazare). Le calice, comme la plupart des vases liturgiques de Gaule, a la coupe en forme de cône renversé. (PL CCLXXXII.)

Parmi les marbres mérovingiens, j’ai dessiné à Jouarre un des chapiteaux de la petite basilique de Saint-Ebrégésile, beaucoup plus ancien qu’elle. Ce vase est ansé, garni de canaux au col, de godrons à la panse’; il est porté par un pied conique et surmonté de deux dauphins, aujourd’hui très frustes, qui viennent manger les fruits dont il est chargé. Le même vase est répété avec les mêmes accompagnements sur les quatre faces; la seule différence que nous ayons pu saisir est le changement sur un des vases des godrons en rinceaux3. (PI. CCLXXXV.)

M. de Dartein rapporte un chapiteau de l’église d’Agliate qui ressemble à celui-ci pour la coquille et les dauphins au-dessus du vase La présence dans ce dernier d’un trident, qui formait, avec les dauphins l’attribut de Neptune, pourrait donner des doutes sur l’origine chrétienne du chapiteau de Jouarre; on sait, cependant, que le trident est

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