‹ La messe (volume 4)Chapitre 140 sur 335 · Migne, GVI · texte numérisé non relu

Migne, GVI

Agnellus mentionne un peu plus loin d’autres dons faits à Félix, entre autres deux disques de cristal, des calices (cannatas) et divers vases pour l’ornement de l’église

La France fut certainement moins riche que l’Orient et l’Italie au viiic siècle, sous le rapport de l’orfèvrerie, et nous réserve moins de documents pour l’histoire des calices. On ne peut douter, cependant, qu’on ne fabriquât alors des calices en métaux précieux , surtout depuis l’avènement du grand empereur. Alcuin en fait mention dans ses ouvrages, et bientôt le concile de Reims devait prohiber pour l'autel l’usage de vases non précieux.

Parmi les monuments liturgiques de notre pays, nous conservons un calice de bronze avec incrustations d’argent que possédait M. Basilewski dans sa collection où il a eu la bonté de nous permettre de le dessiner i. Ce calice, autrefois déposé dans le trésor du prieuré de Saint-Martin des Champs, à Paris, était attribué à saint Chrodegand, dixseptième évêque de Séez (-j- 775). L’abbé Lebœuf, en 1754, le mentionne de cette façon3 : « Il y a aussi « à Saint-Martin un buste d’argent, où est enfermé « en tout ou partie, la tête de saint Chrodegand, « évêque de Séez, qui fut tirée du prieuré de l’Isle- « Adam, ordre de Cluny, au diocèse de Beauvais, « lorsque l’église fut démolie. — On croit que ce « fut dans le même temps que l’on apporta aussi « de ce prieuré un calice de cuivre rouge doré « et très antique, qui passe avec sa patène de même « matière pour avoir servi au même saint Chro- « degand. On lit autour du bord extérieur de la « coupe, qui est large et fort profonde, ces mots « gravés : In nomine Dni omnipotentis Grimfridus « presb.... Le reste de l’inscription paraît sur le « pied qui est très étroit, mais il est difficile à lire. « On voit sur la même coupe une gravure faite « dans la matière, qui représente une colombe. « Ce calice peut bien être du vme siècle, auquel « vivait saint Chrodegand, mais la patène au « milieu de laquelle est figurée une main bénis- « santé et qui est sans vestige de dorure, paraît être „ un peu plus nouvelle. »

Page 1