‹ La messe (volume 4)Chapitre 156 sur 335 · Catalogue Chabouillet, n · texte numérisé non relu

Catalogue Chabouillet, n

le grand camée; on arrêta les voleurs en Hollande, on reprit le vase, mais le pied avait disparu.

Voici la description que D. Doublet nous en a laissée dans son histoire de Saint-Denis1 (1625) : « Le roy Charles le Simple a donné un calice d’agathe, le plus beau qui se puisse voir dans l’univers, ayant deux anses, tout d’une pièce, avec le pied de mesme agathe ; lequel calice enrichy d’or et de pierres précieuses est assis sur ledit pied par le moyen d’une vis attachée à un cercle d’or et quatre bandes d’or tenant audit pied, lequel est orné de seize saphirs excellents, de trente-et-une émeraudes exquises, de dix-neuf grenats, de seize belles perles orientales. Il est aussi embelly tout autour de plusieurs arbres, de testes d’hommes, de bestes, d’oiseaux et de plusieurs choses estranges, le tout de mesme agathe, taillé et eslevé en bosse fort artistement et ingénieusement (œuvre à la vérité admirable, pénible et de grande haleine, pour la longue patience et le temps de plusieurs années qu'il a fallu employer pour le mener à perfection). La patène de ce calice est de porphire, de couleur verd de mer et fort tavelée et semée de petits poissons d’or installés au dedans, garnie aussi d’un bord d’or tout à l’entour à feuillages, et sur ledit bord plusieurs saphirs, esmeraudes et perles; et est escrit sur le pied dudit calice cecy :

HOC VAS XPE TIBI MENTE DICAV1T TERTIUS IN FRANCOS REGMINE KARLUS. »

Le savant Tristan de Saint-Amant, dans ses commentaires historiques2, s’en occupe comme de l’un des plus insignes trésors légués par l’antiquité. Il nous dit que l’inscription était profondément gravée sur l’or et la gravure remplie d’émail de couleur d’acier bronzé.

Félibien3en donne la gravure sur deux faces, la plus ancienne représentation que j’en connaisse; plus petite que l’original, peu exacte, comme la plupart des copies du xvme siècle4, maladroitement exécutée, cette gravure rend très mal compte de l’élégance parfaite de l’original.

Montfaucon la réédite en 17 194; il calque à peu

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