Antiquité expliquée, t. I, p. 11, pl- CLVII
Duruy, Hist. rom., II vol., chromo.
IXe SIECLE. — SAINT LUDGER.
près Félibien et n’en corrige pas les défauts, mais la gravure est meilleure et nous l’avons reproduite pour le pied : « Le vase d’agathe du trésor de Saint-Denis, nous dit-il, est plus grand que nous ne le représentons. Le pied, qui est de la même pierre, n’a pas tout à fait un pouce de hauteur, il n’en a que deux de diamètre; il est monté sur un autre pied d’or beaucoup plus haut et plus large, orné de pierreries de différentes espèces, qui y fut apparemment ajouté lorsque Charles le Simple en fit présent à l’abbaye de Saint-Denis. L’inscription porte que c’est Charles III qui a donné ce vase à Jésus-Christ. Les deux côtés du vase représentent, comme en deux tableaux, les mystères de Bacchus. Chaque côté, ils sont terminés par un arbre aux branches duquel est accroché un grand voile tendu au-dessus d’une table couverte de figures et de vases et environné de masques et autres symboles bachiques. Parmi ces vases, on en voit qui ressemblent à celui que nous étudions. »
Nous avons retrouvé à la Bibliothèque de l’arsenal un document manuscrit moins connu. Parmi des dessins contenus dans quatre volumes 1 et faisant autrefois partie de la bibliothèque du président de Dampierre (1725), nous avons remarqué (t. II, fig. 45) la copie, sur ses deux faces, du précieux calice. Ce dessin est intéressant, non pour le vase lui-même, mais pour le pied qu’il reproduit. Un texte explicatif rapporte que ce pied était « orné d’une enchâssure d’or émaillé et enrichi de quelques pierreries » et de l’inscription que le dessinateur a omise. Le dessinateur nous a laissé son nom: Joannes Piron delineavit, 1725. Ce dessin et la gravure de Félibien offrent quelques différences, notamment dans le nombre des bandes montantes. D’après D. Doublet, le pied portait soixante-six cabochons de grande valeur, ce qui paraît plus conforme au dessin de Piron ; les petites pierres dans les trapèzes sont indiquées pour un seul panneau, ce qui laisse présumer qu’elles en avaient été enlevées dans les autres; mais en somme la copie gravée offre plus de probabilités de vérité. A l’aide de ces documents, comme éléments de restauration, nous avons cherché à reconstituer cette précieuse monture dans la forme qu’elle devait avoir. (PI. CCLXCVI.)
1. Miscellanea eruditæ antiquitatis notis illustrata. On lit sur le titre : Ex museo Joannis du Tilliot.
Les prescriptions de Reims, le décret de Léon IV n’avaient pas encore été formulés contre la fabrication des calices de bronze, lorsqu’on fondit celui de saint Ludger (-j- 809), que l’on conserve dans l’abbaye de Werden. L’abbaye elle-même fut détruite en i8o3, pendant les guerres françaises; l’église transformée en paroisse est encore dépositaire de cette précieuse relique.
Le petit calice en question est en cuivre blanc, martelé et doré; la coupe semi-ovoïde est assise sur un nœud et supportée par un pied évasé. Les seuls ornements consistent en deux inscriptions fortement gravées sur la lèvre du vase et sur le bord inférieur du pied (PI. CCXCV) :
+ HIC CALIX SANGUINIS DM NRI IHU XpI -f- AGITUR HAEC SUMMUS PER POCLA TRIUMPHUS
Cette inscription, nous dit M. de Rossi, est antérieure à ce saint, il en donne la formule complète dans son second volume des inscriptions chrétiennes (p. 244). Ce calice devait,- à l’origine, être employé sur un autel portatif que mentionne un ancien inventaire de reliques. Placé dans le tombeau du saint, au moment de sa mort, il en fut retiré au moment de la translation, du temps de l’abbé Adalwig (1066 -j- 1081) h
Un autre vase, considéré comme la patène de ce calice, n’était sans doute qu’une coupe à boire; il a om 195 de diamètre sur omoq5 de hauteur, il est en argent et partiellement doré ; sur le bord supérieur, il porte cette inscription en majuscules du xme siècle : In hoc ci(ppo) co[n) tin e (n) ( tur ) sanguis sci... Ludg(er)i et pars de cingulo eins. de S. Huperto, de S. Georgio. de sociis Mauricii. de cilicio eius.
Mgr Barbier de Montault croit reconnaître dans ce plat la forme de l’ancien scyphus2 ; malheureusement on ne peut s’appuyer sur le terme employé par l’inscription pour nous le désigner, car on ne s’accorde pas à y lire cipho. M. Kessel, à qui nous devons la plupart de ces renseignements, le traduit p cippo , Weerth par cipo , et Mgr de Montault par cipho. Du reste, l’opinion qui nous le montre comme une coupe à boire n’est pas nouvelle, on la trouve déjà formulée dans un inventaire de l’abbaye de Werden, écrit en vieil allemand du xvie siècle : « Ici sont contenues les reliques de