PSAUTIER DU MONT ATHOS
syriaque ne nous offre pas encore le type originel. ! Il est d’autant plus intéressant de saisir cette origine sur ce manuscrit attribué au vie siècle, que le style de ses peintures est encore classique, et que nous démêlons dans ce rapprochement l'alliance des traditions grecques, asiatiques et même romaines, de laquelle est sorti le byzantin.
L’origine typique des peintures que nous devons examiner remonte incontestablement à l’époque reculée que nous explorons; nous ne saurions en dire autant de l’exécution qui appartient à des siècles fort différents et souvent fort éloignés entre eux. L’immutabilité hiératique de ces images rend leur classement chronologique difficile, mais aussi moins important, puisque les peintres qui travaillaient sous les derniers Paléologue nous offrent presque les mêmes ouvrages que ceux de Justinien. Nous les rapportons donc, lorsque meilleurs renseignements nous manquent, aux dates des édifices qu’elles décorent.
L’église de Nékrési est un des premiers monuments qui s’offre à nous. Elevée sur une montagne boisée et sauvage du district de Di do, sur la ligne lezchienne entre Childi et Kvaroli, elle passe pour avoir été fondée au ve siècle par le roi Tirdat- Khosroïdes (3g3-4o5)4. Ce prince s’y trouve en effet représenté dans une fresque, tenant entre ses mains le modèle de l’église. Dans l’abside on voit figurée la sainte Vierge assise sur un trône entre deux anges, et au-dessous une représentation de la communion apostolique. Au centre un ciborium à coupole, à quatre colonnes, abrite l’autel; devant, est ouverte la porte sainte ; sur chacun des côtés on voit répétée l’image de Notre-Seigneur, derrière les chancels, en compagnie d’un ange qui remplit l’office de diacre et agite le flabelium : à gauche, il distribue le pain, d’une main il tient une coupe remplie de particules, de l’autre, il tend le bras pour les donner aux apôtres; à droite, il prend à deux mains l’amula pour verser les gouttes sacrées sur les lèvres des communiants 1 2. (PI. CCLVII.)