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2, Id, p. 304.
mens de cette vieille orfèvrerie. Nous avons hâte d’y pénétrer et de faire partager aux lecteurs, autant que nous le pourrons, les jouissances qu’on y trouve.
Je dois répondre d’avance à une objection que ne peut manquer de soulever le classement que nous faisons ici de ces pièces d’orfèvrerie. Un incendie dévora, en 1 23 1 , le trésor de Saint-Marc, et ne laissa subsister que trois objets, réduisant tout le reste en cendres1. On en conclut qu’il ne contient plus rien du butin que les Vénitiens y déposèrent en 1204, et qu’il ne possède plus aucune pièce antérieure au désastre. La réponse ressort de l’examen même des ouvrages qui y sont exposés et dont plusieurs, malgré la difficulté de dater les produits de l’art byzantin, portent des caractéristiques chronologiques assez claires. Voici entre autres quelques exemples : une couronne d’or, dont le style concorde avec celui de nos calices, est attribuée à Léon le Sage (886-911). Un grand calice de sardoine,que nous décrirons, porte le nom de Romain, qu’on ne peut appliquer qu’à Romain Lécapène (919-944). Un second calice porte le nom de Sisi— nius, que M. Durand semble appliquer à l’archevêque qui occupa le siège de Constantinople, en 996. Sur un troisième, nous observons une figure de saint Ignace (877), peut-être celui qui se rendit célèbre par sa résistance aux schismatiques; le nom et l’effigie du saint confesseur n’auraient certainement pas figuré sur un vase sacré après la consommation du schisme, par Michel Cérulaire, c’est-à-dire après 1 65 3 .
Nous voyons aussi dans le trésor des burettes de cristal de roche d’un travail silicien, dont l’une est datée du règne de l’iman El Aziz Billah (975- 996).
On sait la vogue qu’avait partout, surtout chez les Latins appauvris, les produits de l’industrie grecque au xe siècle. Lorsqu’un souverain voulait offrir un présent de prix à un sanctuaire, il était de mode de le faire fabriquer à Constantinople, comme nous le voyons par l’exemple de Athelstan2; on peut donc comparer aux calices de Venise ceux qu’on conserve ailleurs de cette épo-