Voyage litt., II, p
2. Gesta pontijicum camer ace nsium (1092-1105). Paris, 1880, Smedt.
XIe SIECLE. — BAS-RELIEFS.
Des monuments figurés nous fournissent quelques renseignements sur leur forme. Dans le missel de saint Denys, de la Bibliothèque nationale, nous trouvons sur la miniature gravée (PL XIII) un calice en or, avec nœud, anses et pied conique; la patène est pédiculée et ressemble à la coupe de saint Ludger, à Werden. Dans le manuscrit latin 8878 de la Bibliothèque nationale, nous voyons les vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse qui tiennent à la main des calices d’or, et les anges renversant les phiales, calices garnis d’anses qui réunissent la panse au pied. Dans les miniatures du manuscrit de Troyes, les calices sont représentés en or, simples coupes avec nœud et pied, sans anses, et qui, prises à l’échelle, sont d’une grande dimension. (PL X et XL)
J’ai dessiné au musée de Caen, sur des moulages de chapiteaux du xie siècle, des calices ornés de godrons et de cannelures ; sur l’un d’eux, on remarque de petits triangles gravés sur le col en manière d’ornements.
On trouve souvent sur les chapiteaux romans l’image de deux oiseaux qui se désaltèrent dans un vase, image que les plus anciennes traditions iconographiques avaient portée jusqu’aux sculpteurs de cette époque et qui figurait certainement le calice eucharistique. Nous les rencontrons sur un chapiteau de Notre-Dame du Port, à Clermont, où deux griffons se désaltèrent dans une coupe cannelée, portée sur double nœud et pied
évasé1, — à Chartres, dans le cloître de Saint- Victor, — à Marseille, — à Saint-Hilaire de Poitiers, où deux oiseaux boivent dans une sorte d’amphore, — à la Charité-sur-Loire 2, — sur un chapiteau de l’église Saint-Romain à Montbrison, ou ils puisent dans un vase à deux cônes renversés et unis par un nœud3, — sur un manuscrit arménien de la Bibliothèque de Tours, du xie siècle, un calice à galbe extérieurement concave est figuré entre deux paons 4.
J’ai copié dans la cathédrale du Mans, sur un chapiteau, un calice où boivent deux animaux fantastiques à tête de colombe et à queue de serpent, et qui correspond peut être au texte de saint Mathieu (ch. x) : « Estote ergo prudentes sicut « serpentes et simplices sicut columbæ. » « Ici, ajoute M. Hucher3, l’intention symbolique ne saurait être méconnue, il s’agit évidemment de deux âmes chrétiennes, et dès lors le vase dans lequel elles s’abreuvent ne peut contenir autre chose que la liqueur sacrée. Nous voyons le même sujet, mais excessivement mutilé, dans les ruines de l’abbaye de Déols, près de Châteauroux. Le baron Chaudruc de Crazannes6, MM, Lelewel et Cartier ne doutent pas que ces vases ne soient eucharistiques. » (PL CCCXII.)
Mgr Barbier de Montault nous désigne une image de ce genre à Lusignan.
Il y avait encore en France des calices de corne, si tant est que l’on puisse regarder comme tel le scyphus dont parle Helgaud (-J- 1048) (in Roberto rege Franciæ) : « Erat hinc ornamento adjunctus « scyphus corneus, quo deferebatur vinum ad « celebrandum sacrificium. «
Nous apprenons par les papiers de Montfaucon (latin, 1 1912) que la coupe de saint Robert d’Aurillac (-J- 1067) était en bois, ou plutôt une espèce de courge ou de calebasse ayant deux pouces et demi de haut, 7 de large et 22 de circonférence.