‹ La messe (volume 4)Chapitre 198 sur 335 · P. Cahier, Nouveaux Mélanges, 187?, p · texte numérisé non relu

P. Cahier, Nouveaux Mélanges, 187?, p

Voyez aussi Répertoire arch. d’Anjou, 1867 — Musée

d’Angers, n" 779. Je ne sais s’il s agit du niême objet.

XIIe SIÈCLE. — MOSAÏQUE A VENISE.

Gough, dans son ouvrage sur les monuments funéraires delà Grande-Bretagne1, publie un assez grand nombre de ces calices; ils sont souvent en forme de coupe très large, portés sur une tige mince, nouée, et sur un pied très évasé. Tel était celui découvert dans un tombeau du xme siècle de la cathédrale de Lincoln; ce calice était placé à la droite de la tête du mort et recouvert d’une patène lobée à quatre feuilles avec une main bénissante au milieu. Le calice de saint Nicolas de Carlish, exhumé en i"65, celui de Lichfield, sont analogues.

Calice d’argent trouvé à York dans le tombeau d’un archevêque.

(D’après Drake.)

A York on en a découvert aussi plusieurs en argent 2.

L’église de Saint-Maurice, à Münster, possède un calice d’étain en forme évasée, qui fut trouvé dans le tombeau de l’évêque Frédéric, mort au xne siècle; il est haut de orai7, large en diamètre deomii3. Il a figuré en 1879 à l’exposition de Münster, sous le n° 270.

Le docteur Schneider de Mayence 3 a eu la bonté de nous envoyer les dessins d’un calice et d’une patèned’argent, trouvés en 1 85o dans le tombeau de l’archevêque électeur Adalbert I, delà maison de Nassau. Le calice, malheureusement très mutilé, laisse reconnaître encore son galbe évasé en forme de lis. (PI. CCCXX.)

En 1 1 20, on ouvrit la châsse de saint Hariulfe : « Stabat calix,consepultus superpectusejus jacebat « etplumbea tabula subcalicepræ pectoreejus,quæ

1. Gough (Richard), Sépulcral monuments in Great Britain. Londres, 1786.

2. Voy. xiii0 siècle, Drake, Histoire et antiquités d'York, II, 481.

3. Die graberfunde im ostchore des Dômes qu Mainq (Mayence, 1874).

« tabula scripta tenebat nomen, patriam . ad

« ultimum cum sandalia auro intexta extrada vice disset, in lacrimas resolutus est L »

Bibliothèque nationale, manuscrit grec 58o, f» 3.

XIIe SIÈCLE.

Pendant que l’architecture adoptait des formes de plus en plus ornées, et qu’elle sculptait sur les portails de nos cathédrales de longs poèmes, pour ainsi dire écrits sur la pierre, l’orfèvrerie se développait dans le même sens. Elle abandonnait la tutelle byzantine, elle cherchait à se créer un art indépendant, et renonçait aux cabochons, aux émaux, pour rappeler sur les vases sacrés les scènes de l’Évangile et de la Bible. Sur le calice de saint Gérard, un des premiers monuments de cette émancipation artistique, des personnages sous un portique nous révèlent un esprit tout nouveau chez les orfèvres. Les dessins sont d’abord timides; aux xe et xie siècles, ils offrent généralement de simples nielles; au xne siècle le procédé du repoussé et de l’étampage prête plus de vigueur à ce style et lui permet de produire des effets inconnus jusque-là. Si les simples tracés sont encore

quelquefois réservés à la coupe pour ne pas gêner les

lèvres du prêtre, on voit les parties inférieures du calice, surtout le pied et le nœud, se couvrir de larges rondes bosses, qui nuisent peut-être à la pureté du galbe, mais qui valent à la décoration une ampleur extraordinaire; alors paraissent sur le pied les scènes prophétiques de la Bible, Abel, Melchisédech, le serpent d’airain, les bustes des prophètes, puis en montant, les emblèmes évangéliques, les quatre fleuves mystiques; de l’image laissée à la base on arrive enfin à la réalité gravée

i. Chronicon Aldenburgense majus. — Migne, 174-1542.

iv — 16

MESSE

CALICES

sur la coupe eucharistique elle-même; là sont retracés les faits de l’Évangile, l’Annonciation, la Nativité, le Baptême, le Crucifiement, et, près des lèvres du calice, les douze apôtres assis comme au bord de la table du cénacle.

Ce sont les traits qui caractérisent les monuments que le xne siècle va nous mettre sous les yeux, et dont l’art rhénan nous offrira la plus brillante expression.

L’Italie est peu féconde pour nos recherches pendant le xne siècle, époque rendue désastreuse chez elle, par les luttes des papes et des empereurs. Nous citerons parmi les rares monuments quelques images de calices, celle du pavage de Murano, dans lequel sont figurés deux paons becquetant du raisin dans un calice; ce vase est de forme très élancée. Il a deux anses, le col évasé, la panse cambrée, un nœud circulaire, porté sur un petit piédouche, le col est fait en petits cubes alternativement rouges et noirs; la panse se compose de carrés noirs, entourés de blanc, le nœud est entièrement violet, le pied blanc et noir. Une forte silhouette noire dessine tous les contours. On lit dans ce dallage cette inscription qui nous en donne la date : In nomine Domine nostri Jesn Christi -+- anno Domini Mil C XI primo mensis septembris. Indic. V1. (PL CCCX.)

On voit aussi, dans le pavage de Saint-Marc de Venise, des calices de même genre, et qui doivent être à peu près contemporains. Dans l’un d’eux, le col, la panse et le pied sont des cônes avec godrons dessinés par des traits noirs. Il y a un nœud très petit; le col et le pied sont rouges. Ce vase est tracé dans la nef, côté de l’évangile. (PI. CCCX.) Dans la nef opposée on a figuré un calice d’une forme différente, ovoïde, orné de côtes, garni d’anses et d’un pied peu élevé.

A la cathédrale de Caserta-Vecchia, un vase est figuré avec une assez grande largeur au-dessous du col; son pied est très mince 2.

On cite plusieurs calices comme ayant appartenu à saint Bernard (1091-1153); le premier décrit par les Bollandistes d’après un inventaire

1. Selvatico, Suit' architettura et snlla scultura in Vene^ia, p. 32.

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