Bulla super ritibus græc an. XI
MESSE
CALICES
Le calice de Veroli, près Frosinone, dont nous devons la communication à M. Stevenson, est un peu postérieur, mais il paraît appartenir complètement au xiii* siècle. La coupe, unie, est pour ainsi dire parabolique ; elle est enchâssée dans une sorte de corolle dont les pétales dressent leurs pointes tout autour. La tige hexagone est ornée de petites ogives au-dessus et au-dessous du nœud, premier essai d’ornementation architecturale que nous saisissons ; sous la coupe on peut déchiffrer le nom de l’artiste : « hoc opus fecit « Johannes. » Dans les ogives paraissent de petits sujets sur le fond d’azur de l’émail, Yecce liomo, la Madone , saint Jean.
Calice et patène de Veroli, d’après un dessin de M. Stevenson.
Le nœud est riche, il porte des feuillages fortement accusés qui sortent en six roses émaillées, au centre desquelles sont figurés en buste le Sauveur et plusieurs saints.
Le pied sur lequel s’implante la tige est d’abord orné d’une zone de feuillage, puis de six compartiments triangulaires oit de petites images se déta- .chent sur le métal, le crucifiement, la madone, un lion, un chien, et enfin de six médaillons dont
le bord intérieur suit les festons; on y voit des attributs évangéliques, saint Onofrio, un évêque, etc.
La patène, également en vermeil, est garnie de six lobes rattachés au centre par des parties droites et qui ressemblent au chrisme étoilé. Dans le médaillon du centre, le Sauveur est figuré sur un fond bleu en émail, bénissant et tenant un livre. Le bord de la patène est décoré d’un rinceau avec fleurs et feuilles.
Un calice du même genre, en vermeil, avec coupe en forme parabolique, pied octogone et nœud orné d’images, est conservé à Palerme, dans le monastère de San-Martino-delle-Scale '.
On possède au musée de Kensington un calice de travail italien, dont M. Goldie a eu la bonté de nous donner le dessin ci-joint; la coupe, selon l’usage général au xme siècle, est unie, mais elle est portée sur une tige très ornée, nouée, et sur un pied d’une grande richesse; on y voit cinq médaillons qui renferment le crucifiement et les attributs évangéliques ; les intervalles sont remplis d’élégants enroulements en filigranes, la hauteur égale om2i8, le diamètre omo8.
Ces calices sont tous dépourvus d’anses; si le peintre qui a orné, au xmesiècle, le porche de Saint- Laurent-hors-les-Murs, de Rome, a figuré des calices ansés, c’est peut-être parce qu’il avait à représenter une légende où ce genre de vases in-
i. Estampes nationales. — Recueil d'orfèvrerie religieuse.
XIIIe SIÈCLE.