CALICES. — RESUME
en fer forgé. Deux verrous les maintiennent fermés ; on ne remarque en fait de décorations qu'un rang de dents de scie sur la corniche et une suite de petits cercles gravés au-dessous et sur les cintres des vantaux. La peinture complétait ce qui manquait dans le relief des ornements; ce meuble date des premières années du xme siècle L
J’ai dessiné dans la cathédrale de Bayeux une armoire du xme siècle d’une vaste dimension, et qui devait servir à serrer les vases sacrés. Elle est encore garnie de ses ferrures, et plusieurs des panneaux gardent d’importants fragments de peintures que j’ai pu calquer 2. (PI. CCCXXIV.)
Une des plus belles armoires anciennes qu’on connaisse se trouve dans le trésor de Noyon. Les panneaux sont entièrement peints en dedans et en dehors, le couronnement est crénelé; les volets se développent en deux feuilles pour ne pas gêner par une trop grande saillie3.
En descendant à des époques moins éloignées, nous trouvons dans les miniatures des images de ces meubles; par exemple dans la Bible de Philippe le Hardi4, nous voyons représentée une armoire où sont serrés divers ustensiles liturgiques, des autels portatifs, un calice à pied élevé, etc. Dans un autre manuscrit reproduit par M. Viollet-le-Duc, on voit dessinée une de ces armoires portatives.
Les riches marqueteries qui ornent les chœurs du xve siècle, dans les églises d’Italie, figurent souvent des armoires de trésors ; on y voit derrière les vantaux entr’ouverts les plus riches objets destinés au culte; nous citerons le trône épiscopal de Pise, les boiseries de la sacristie de Saint-Marc de Venise, et enfin, pour une époque un peu plus tardive, les élégantes marqueteries de Santa-Maria in-Organo de Vérone5.
1 Viollet-le-Duc, Mobilier, p. 4.