Rohault de Fleurv, Évang., Il, pl. LXX1V, p
ce manuscrit qui confirme la pensée de représenter sous ce type la Communion ordinaire, à savoir qu’une autre de ses miniatures porte l’image de la Cène avec Notre-Seigneur couché et le repas représenté dans la réalité.
Le Père Cahier découvrit en i8q5, dans l’église de Huy (Belgique), une châsse du xie siècle qu’un compagnon de l’empereur Beaudoin rapporta peut-être de Constantinople, et qui, parmi ses plaques émaillées, nous fournit une intéressante image de Communion sous l’espèce du vin. Notre- Seigneur, derrière l’autel, offre à saint Paul une riche amula garnied’une anse et d’un goulot pour verser la liqueur. Saint Paul et l’apôtre qui le suit ont les mains voilées sous les plis de leur manteau. La table sacrée est revêtue de draperies qui tombent sur les côtés, elle porte en dessus le poisson mystique sur la patène, un couteau, un pain, etc., et elle est bordée de gammadiæ sur les quatre angles. Le Père Cahier rapproche avec raison le style de ces émaux de celui du ménologe de Grotta Ferrata 1 et des portes de Saint-Paul.
Les Grecs ne se contentaient pas de peindre la Communion des apôtres sur l’abside de leurs églises; ils la reproduisaient de la même façon dans leurs manuscrits, voire même sur les vêtements sacerdotaux, comme nous le montre la célèbre dalmatique duVatican. (Pl. CCLXIII.) Nous en reproduisons les broderies d’après divers dessins et ceux que nous avons pris nous-même devant l’original.
Sur Pépaulière droite on y voit figurée la Communion sous l'espèce du pain : Jésus, debout derrière l’autel, donne à gauche un pain à saint Pierre, qui le prend dans la main droite soutenue par la main gauche, comme le recommande saint Cyrille. Le Sauveur tient un autre pain dans sa main gauche, il en a trois encore en réserve sur une patène en forme de plateau. Ces pains sont en or, signés d’une croix rouge. Derrière saint Pierre s’avancent saint Jean imberbe et saint André aux cheveux incultes; ils s’inclinent en attendant leur tour; à l’opposé, trois autres apôtres se disposent aussi à communier. La robe et le manteau du Christ sont en or, le manteau des apôtres en or, leur robe rouge, à l’exception de saint Jean qui en porte une d’argent. L’inscription
i. Nouveaux mélanges. Finaux, p. i65.