‹ La messe (volume 4)Chapitre 26 sur 335 · PEINTURES LATINES · texte numérisé non relu

PEINTURES LATINES

AABETE «LATETE « prenez, mangez, » donne la signification du sujet.

L’épaulière gauche offre la meme disposition. Un grand vase d'or, à deux anses, à col étroit, est placé sur l’autel ; le Christ vient d’y puiser le vin consacré qu’il a versé dans un calice ouvert, ansé, et qui rappelle ceux du Trésor de Venise; il le présente à saint Pierre qui ne le touche que sous les plis d’or de son manteau. Quatre autres apôtres se préparent à participer aux saints Mystères. On lit, au-dessus, ces mots qui expriment la signification de la scène : DIETE ES ATTOT nANTES « buvez de ceci tous ». Les autels, comme les tables d’offrandes actuelles dans le Levant, sont soutenus par un seul pied; ils sont recouverts de riches parements sur lesquels nous aurons occasion de revenir dans l’étude des vêtements d’autel. Le fond de ces broderies est d’un azur très foncé, et semé de disques d’argent crucifères.

Bock suppose ces broderies du xne siècle, mais comme elles sont byzantines, on peut y chercher des renseignements fort antérieurs h

Un corporal russe, servant à couvrir le calice dans la cathédrale de Susdal2, portait cette représentation de la Communion dans une broderie exécutée par la princesse Agrafena Konstantinowna, petite-fille du grand-duc Dimitri Donskoi (1423) ; une autre, brodée en i486 par la princesse Anna Wassiljewna, la répétait.

Pendant que les Grecs représentaient la Communion sous la forme réelle des apôtres debout, et sous celle historique et symbolique à la fois de la sainte Cène, les Latins ne connaissaient guère que cette dernière manière. Au xie siècle, les artistes placés sous l’inspiration nouvelle que les écoles de Cluny jetaient parmi eux, semblent avoir entrepris de figurer le grand Mystère sous la forme des Communions de leur temps. Dans cette innovation, ils ne copièrent plus les Grecs, qui ne leur retraçaient pas fidèlement leurs usages; ils s’émancipèrent de ces types reçus et imitèrent ce qu’ils voyaient. Alors les Latins ne prenaient plus

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