‹ La messe (volume 4)Chapitre 250 sur 335 · Pauli, De Patena Forocorneliensi, p · texte numérisé non relu

Pauli, De Patena Forocorneliensi, p

veur se serait servi à la Cène; ne faut-il pas voir dans la désignation même qui correspond mieux à une chose antique qu’à un sens moderne, certaine confirmation de la tradition ? Ce vase que nous avons nous-même dessiné dans le trésor de Saint-Laurent est un bassin de verre, de couleur émeraude, hexagone, d’un bon moulage, malgré quelques bulles. Le diamètre du cercle circonscrit au bord supérieur égale om32Ô, sa hauteur om09o; chaque face o'nigo. Il est muni de deux petites anses. Dans l’intérieur, au fond, la forme polygone s’efface sous des lobes retournés, et au milieu on voit un médaillon avec perles ‘.

Des légendes merveilleuses entourent son histoire. Dès le vne siècle un ermite breton aurait vu ce saint Graal. Geoffroy de Montmouth le regarde comme un présent fait par la reine de Saba à Salomon. Non seulement le Sauveur l’aurait employé à la Cène, mais Joseph d’Arimathie s’en serait servi pour recueillir le sang divin au pied de la croix. Tontes les aventures du jeune Perceval, le héros de la légende, toutes les épreuves qui l’attendent n’auront d’autre récompense que d’être préposé à la garde du saint Graal "2. On assure qu’il passa, après la prise de Césarée, en 1 1 o 1 , au pouvoir des Génois, qui l’entourèrent d’un profond respect. Des chevaliers nommés clavigeri étaient spécialement chargés de veiller à sa conservation, car pendant tout le moyen âge personne ne doutait que ce ne fût une émeraude gigantesque.

Cette relique, dépouillée des fables merveilleuses accumulées sur son histoire, nous apparaît avec un grand caractère d’antiquité; cela ressort de son style et de la comparaison des monuments. Le spicilège de Solemnes (iv) reproduit un marbre sur lequel est gravé un plat tout à fait semblable, et qui porte cette épigraphe : vit a sit in pace. Rich, dans son dictionnaire des antiquités, n’hésite pas à ranger cette coupe parmi les objets de l’époque qu’il étudie.

La tradition au vie siècle supposait que Notre- Seigneur s’était servi à la Gène d’un plat de verre; saint Césaire (f 542) s’en fait l’écho, lorsque, vendant les vases d’argent de son église, il rappelle

1 . Rohault de Fleury, Mémoire sur les instruments de la Passion, p. 276, pl. XXXIII.

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