VIIL-IXe SIÈCLES
Ces vers d’Alcuin nous donnent idée, pour l’époque carlovingienne , de la richesse des vases sacrés, auxquels on confiait les « divins remèdes de la vie » (Du Cange) :
Aureus atque calix gemmis fulgescit opertis,
Ut cœlum rutilât stellis ardentibus aptum,
Sic lata argento constat fabricata Patena,
Quæ divina gerunt nostræ medicamina vitæ.
Parmi les dons faits au monastère de Saint- Vandrille1 figurait une patène jointe, comme dans les descriptions du Livre pontifical, à une petite tour d’or: «Hugo Fontanellensis abbas (720) dédit « eidem cœnobio calicem aureum, et patenam « pensantem libras quatuor, uncias duas, et « turriculam auream pensantem libras sex. ».
Une légende nous montre saint Wulfran (720) laissant tomber sa patène dans les flots pendant qu’il célébrait, et la retirant miraculeusement 2.
Le British Muséum possède un disque qui provient de l’abbaye de Chertsey et qui porte une inscription qu’on croit runique. Son diamètre égale om23 et sa profondeur est de 3 centimètres. M. Mitchell Kemble le regarde comme une copie faite au xe ou au xie siècle d’un plateau Scandinave employé dans le monastère depuis le temps de sa fondation, et il pense pouvoir lire offrande pour les péchés. D’autre part, M. Stephens 3 le considère comme un travail original du ixe siècle qui aurait été donné dans le nord de l’Angleterre, auquel l’inscription appartient. Il rappelle que les anciennes chartes anglaises mentionnent souvent des disques de ce genre donnés aux sanctuaires, et que durant son séjour en Scandinavie, il en vit de modernes copiés sur d’anciens types et ornés de pieuses dédicaces.