J. Durand, Ann. arcli., XXI, p. 376, n
comme celui d’Olga, gravé en camée, il est ici en émail, à mi-corps, sur fond d’or; il bénit de la droite et tient un livre de la gauche ; de chaque côté sont les sigles ïc, xc. Cette figure est comprise dans un médaillon de om07 de diamètre et entourée de ces paroles de la consécration écrites en bleu sur fond d’or : -j- Xcc(3ste <pâ yets touto pou Ictti to acopa : « Prenez et mangez, ceci est mon corps. »
Autour de ce médaillon règne une zone d’albâtre partagée en huit lobes, et au bord du plat une bande de métal couverte de cabochons et ourlée de perles. Le diamètre total égale ora34. (PI. CCCXXV.)
On peut considérer cette patène comme la plus belle de la collection que nous essayons de former ; la figure du Rédempteur, auréolée de l’inscription eucharistique, isolée dans les ondes blanches de l’albâtre, au milieu des lobes dépositaires des hosties ou symbole des âmes chrétiennes, enfin le diadème brillant de pierres et de perles sur les bords, tout cet ensemble de richesses, de surfaces tranquilles, de vives couleurs, forme un chef-d’œuvre d’orfèvrerie.
Le même trésor contient d’autres plats qui ont sans doute eu la même destination, bien que nous n’en soyons pas aussi certains à cause de l’absence de la formule de consécration. Ils sont en agate, en sardoine et autres pierres demi-précieuses, montés en vermeil et ornés de gemmes.
Les patènes grecques ne sont pas toujours de cette forme, elles affectent quelquefois celle d’un petit bassin assez profond, sur lequel les peintres représentent l’image de Jésus enfant1.
Des peintures de Grèce, relevées par M. P. Durand et dont son frère a eu la bonté de me laisser prendre copie, rappellent ce même type, où elles semblent avoir la forme d’un berceau.
D. Cal met signale à Montfaucon une patène du genre de celle de Venise : « Dans le trésor de la « cathédrale d’Amiens, j’ay veu un ancien plat de « christal travaillé, à peu près de la grandeur d’un « bon saladier, assez profond, qui est une an- « cienne patène ou plat dans lequel on mettait
1. Denis, patriarche de Constantinople, mit une figure de ce genre dans l’attestation qu’il envoya au roi de France en 1672.
Voy. Renaudot, De la perpétuité de la Foi, t. IV.
Lebrun, I, p. 463.
PATÈNES
« les saintes hosties, car autour du bord de ce « plat on lit ces paroles: AABETE «MTETE TOYTO « EETI TO SOMA MOT TO YITEP TMÜN KLQ- « MENON*. »
Dessin de M. P. Durand, d’après une peinture grecque.
Agnellus raconte que saint Pierre Chrysologue, peu de temps avant sa mort (450), vint à Imola,sa ville natale, et qu’il offrit à l’église de Saint- Cassien une coupe d’or, une patène d’argent et un diadème enrichi de pierres précieuses. On s’est fondé sur ce souvenir pour donner le nom du saint évêque à une patène qu’on y conserve encore dans le trésor de la cathédrale, mais dont le style l’éloigne péremptoirement de cette origine. (PI. CCGXXVI.)
Cette patène en argent fin, d’un diamètre égala om2Ô, est couverte d’ornements. Au centre l’Agneau devant la croix, déjà immolé, est étendu sur un autel drapé , et dont la draperie est brodée de certaines lettres. L’A et l’Q sont tracés dans le fond au-dessus de l’Agneau. On aperçoit dans le bas, entre les pieds de l’autel, la base de la croix plantée sur les rochers du Calvaire. Huit lobes remplis d’arabesques et d’ornements coufiques rayonnent autour de ce médaillon; enfin sur la bordure nous lisons ces deux vers léonins: