SYMBOLISME
« que Jésus accomplit aussitôt le désir des saintes « femmes, venant au devant d’elles.
« . On fait trois signes de croix avec l’hostie
« sur l’ouverture du calice, parce que les trois « saintes femmes cherchaient Jésus crucifié à Pente trée du tombeau ; l’ouverture du calice repré- « sente donc l’entrée du sépulcre, et le diacre « qui ôte le corporal couvrant le calice représente « l’ange ôtant la pierre qui fermait le tombeau. « [Id., ch. ii.)
« Les deux moitiés de l’hostie sont placées en « dehors du calice, sur la patène, pour représenter « les fidèles, qui, avec le Christ, sont maintenant « hors de toute souffrance, laquelle est représentée « par le calice. » ( Id ., ch. m.)
Selon Durand de Mende, la rotondité est un symbole de l’éternité, c’est pourquoi le sous-diacre porte la patène de la main droite, pour montrer l’espérance certaine de la gloire future et de la vraie joie, ayant quelques instants avant porté de la gauche le calice, symbole des peines de la vie. Pour cette raison, le sous-diacre s’abstient déporter la patène pendant la messe des défunts, parce qu’en cette circonstance on doit repousser tout signe de joie h
1. On peut voir des images de la patène portée par le diacre dans les planches suivantes : XXI , CDLIX, CDXCV, etc.
BURETTES
ORIGINES
Nous employons pour désigner la fiole qui contient le vin liturgique le mot de burettes , pour plus de simplicité, et parce qu’il exprime clairement aujourd’hui la fonction qui lui est attribuée, mais ce mot n’est pas fort ancien et dérive de buis, buirettes , parce qu’au moyen âge on en fit en bois. — Dans l’antiquité chrétienne elles s’appelaient amulœ.
Les Egyptiens distinguaient chez l’homme la vie de l’âme qui s’obtenait au moyen d’un breuvage divin ; c’est une circonstance bien digne de remarque que cette absorption de la substance divineconsidéréecomme vivification de lacréature dans la partie intelligente de son être; cette scène mystérieuse est figurée sur une peinture égyptienne, qui nous montre un personnage assis tenant une fiole par en bas et versant des gouttes de la liqueur sur les mains d’un homme agenouillé devant lui L — Est-il pas permis de voir ici quelque sentiment prophétique de l’Eucharistie? je n’oserais le supposer, mais si les chrétiens n’eurent besoin d’emprunter aucun dogme autour d’eux, on peut croire qu’ils prirent souvent aux anciens les formes des ustensiles sacrés. — Les vases peints dans les Catacombes, comme nous l’avons déjà observé, ont trop d’analogie avec les vases figurés sur les marbres antiques, pour que nous ne soyons pas en droit de leur demander des enseignements sur les origines.
i. Revue arch., vol. V (1848-49), p. 271,
Les vases qui, dans les cérémonies païennes, correspondent le mieux à nos burettes primitives sont le guttus , cruche à col étroit qui ne laissait échapper le liquide que par petites quantités; Yepicliydis à col étroit destiné à servir le vin aux convives, et surtout la capis. Ce vase était un pot à vin muni d’une seule anse, et ordinairement employé à des usages religieux. Rich, dans son Dictionnaire, en donne un exemple tiré d’une médaille de bronze ou l’empereur Marc-Aurèle est représenté en augure. Les sarcophages en fournissent un grand nombre, les cippes le portent souvent sur une de leurs faces latérales ; j’en ai dessiné une de ce genre d’une rare élégance au musée de Parme, et plusieurs à celui de Saint- Germain.
Bouillon 1 reproduit un bas-relief où l’on voit une table chargée des instruments du sacrifice, parmi lesquels se dresse une gracieuse capis. La célèbre frise conservée à Rome, au Tabularium, nous la montre au milieu de la patère, du couteau, etc.
Ces souvenirs païens détournaient si peu les chrétiens de l’emploi de ce vase pour eux-mêmes, que nous le retrouvons précisément dans un basrelief du Louvre figuré sur l’autel où Abraham 2 va sacrifier son fils. Dans cette scène, image pro-