Boldetti, p
I ye-vi je SIÈCLES.
Les sarcophages chrétiens sur lesquels se reproduit si souvent la scène de Pilate se lavant les mains, nous fournissent d’utiles renseignements; nous l’y voyons sur son tribunal appelant l’esclave qui tient la patère et le guttus; devant lui, sur une table soutenue par trois griffes à tètes de lions, est placé un large cratère1 à deux anses, dans lequel on vient de puiser de l’eau. (PI. CCCXXX.)
Le guttus n’a qu’une anse, le col étroit, la panse quelquefois cannelée, la base moulurée ; son bord supérieur s’amincit d’un côté en forme de bec. Dans le sarcophage d'Arles on y remarque des zones en manière d’ornement. La patère est unie et semble assez peu creusée. — Le cratère déposé sur le guéridon offre à son bord supérieur une large ouverture, deux anses à double volute, col et panse richement cannelés.
Que si nous changeons le rfom de cette scène, si nous enlevons à Pilate sa chlamyde pour lui donner la penula sacerdotale, à l’esclave la tunique exomide pour le vêtir du colobium des diacres, nous aurons la représentation d’une fonction liturgique des premiers siècles, telle que nous la dépeint l’ordre romain. Voici le passage de l’ordre romain qui nous intéresse ici : « Tune venit subie diaconus ferens in brachio dextro patenam et in « sinistro calicem , in quo recipiüntur amulœ po- « pulorum. » Et plus loin : « Pontifice oblationes « populorum suscipiente, archidiaconus suscipit « post eum amulas, et refundit in calicem majo- « rem, tenente cum subdiacono, quem sequitur « cum scypho super planetam Acolytus, in quem
« calix impletus refunditur . Ornato vero
« altari, tune archidiaconus sumit amulam Pon- « tificis de subdiacono oblationario regionario et « refundit super colum in calicem 2. »
Nous avons au Louvre un bas-relief antique
1. Dans un des sarcophages du Latran, c’est un simple bassin.
Dans le sarcophage de Concordia on voit sculptée une burette sous une arcade, et, à côté, un plat avec trois pois* sons.
Garrucci, pl. CCCLXXXVII.