‹ La messe (volume 4)Chapitre 279 sur 335 · De Rossi, Bull., i863,p · texte numérisé non relu

De Rossi, Bull., i863,p

A la figure 4, on trouvera une urne de jaspe brun de imir de hauteur et dont l’apparence d’amphore indique l’usage d’y verser le vin.

Enfin la figure 5 donne l’image d’une urne de cristal antique avec goulot festonné et cambré comme un lis. Sur le corps même du vase, des patères semblent y soutenir des draperies.

La présence de ces vases dans un trésor d’église, le chrisme qui orne l’un d’eux ne peuvent laisser de doute sur leur origine liturgique ; la forme d’amphore semble de plus indiquer qu’ils servaient aux offrandes du vin. — Nous avons à Ravenne, dans l’ivoire des noces de Cana (chaire de Saint- Maximien), une représentation qui nous montre des hydriæ de cette grandeur et de ce genre h Là nous trouvons des urnes d’environ 1 mètre de hauteur, cannelées, munies d’un pied, de deux petites anses, et dans lesquelles un personnage vient de puiser la liqueur avec une coupe. Elles sont rangées devant le Sauveur comme les amæ devant le pontife et les diacres, et peuvent nous donner une idée assez exacte des scènes dont les basiliques étaient témoins au moment de l’offrande.

On aime ranimer par la pensée et devant des monuments qui la font revivre, l’auguste scène de l’offertoire. Je me figure la basilique constantinienne, au moment de l’offertoire signalé par les diacres, puis la foule des hommes s’ébranlant du côté droit de la nef, formant une longue procession dont les rangs se déploient lentement jusqu’à l’autel; devant les chancels sacrés sont disposés les amæ de marbre ou d’argent brillamment ciselé et qui attendent le vin du sacrifice ou la nourriture des pauvres; chaque fidèle porte un flacon de vin plus ou moins précieux, plus ou moins abondant, selon sa fortune; il le verse dans l’ama qui correspond à sa qualité, peut-être s’incline-t-il en répandant la coupe, image de son cœur qu’il offre à Dieu ; il se relève, reprend sa place dans le cours de la procession, comme un flot un instant détourné que le fleuve retrouve, et bientôt, dans un ordre parfait, les hommes s’arrêtent. Les femmes prennent leur tour, les diaconesses, les vierges dont les offrandes si pures ont un prix inestimable devant le Ciel, puis la multitude des matrones. Les diacres, debout derrière les amæ, surveillent

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