Nous l’avons gravé dans l’Evang., I, pl. XXXVII
BURETTES
la foule et s’apprêtent à puiser eux-mêmes dans les amphores pour fournir le vin de la consécration au pontife. Des chants qui accompagnent toujours les processions, les litanies, ne font sans doute pas défaut ici et complètent la majesté de la liturgie. Il faut encadrer cette scène, ces personnages aux costumes antiques, les femmes avec la stole, les vierges avec leurs mitres sur le front, les diacres avec le colobium et les longs clavi de pourpre; il faut, autour de cette foule pieuse et brillante, supposer les sombres nefs du vieux Latran,son riche ciborium, son innombrable argenterie et son chœur rempli de clercs et de prêtres; il faut refaire ce tableau entier pour bien comprendre un de ses détails que nous étudions en ce moment.
Le croquis que nous avons placé à l’article Communion peut être répété ici; il donnera l’idée de la disposition des amæ devant les chancels.
Nous avons gravé (PI. CCCXXXIII) un flacon de bronze que l’on gardait à Autun, au xvme siècle, sous le titre de «burette de saint Andoche» et dont les deux Bénédictins nous ont conservé la figure1.
i .Voyage littéraire. — Paris, 1727, in-40, ir0 partie, p. 1 5g.
Dépourvu de pied, arrondi dans sa partie inférieure, il devait être posé sur un trépied pour se tenir debout. On y voit sur le devant le buste d’un ange ailé, dans un médaillon avec des rinceaux tout autour; au-dessus une bande d’écailles, puis, sur le goulot, des côtes interrompues seulement par un nœud. Le style de l’ange et ses ailes ne permettent pas d’accepter la tradition, qui nous ferait remonter au 11e siècle, mais on peut l’attribuer au vie, car il est encore empreint d’un caractère antique prononcé.
J’ai dessiné au Vatican deux fioles d’argent d’une forme toute différente et se rapprochant plutôt du genre des ampoules. Elles se composent d’un médaillon orné sur la tranche d’arabesques, sur les deux faces de portraits de saints, garnies audessus d’un goulot, au-dessous d’un pied fort simple1. L’une des deux porte d’élégants rinceaux2 autour d’un buste. (PI. CCCXXXII.)
Agathias, l’historien grec de la vie de Justinien, mentionne des amulæ , mais elles n’avaient peutêtre pas la même fonction qu’en Occident 3.
L’Église copte est si ancienne que je suis disposé à classer à une époque presqu’aussi reculée la petite amphore de bronze trouvée à Thèbes et que m’a communiquée M. Fortnum. (PL CCCXXIX.) Elle est dépourvue de pied et doit reposer sur un support.
VIlIe-Xe SIÈCLES.
Agnellus distingue Varna de l’aiguière : « Amas « una et ipsa bene sculpta , urceus ad aquam « manu similis, et ipse aquimanile de supra ex « argento investito talis1. »
Parmi les présents que le pape Adrien fit à l’é-