Id., VII, i
PAIN EUCHARISTIQUE
à ceux dont les peintures égyptiennes nous conservent le souvenir, nous pouvons croire qu’ils avaient l’apparence de galettes rondes. M. de Vogué, au sujet de la table des pains de proposition, rapporte une peinture qui nous montre des piles de pain de ce genre. Nous possédons au musée du Louvre un pain de figue trouvé dans un tombeau, qui a environ omi5 de diamètre sur omoi seulement d’épaisseur.
Du temps du Sauveur, la liturgie était la même, et sans doute aussi la forme des pains semblable. L’Evangile mentionne ces pains un grand nombre de fois; il nous fait voir Jésus dans le temple mangeant les pains de proposition 1 pour montrer son caractère sacerdotal, multipliant les pains pour nourrir la foule affamée dans le désert, puis se disant lui-même le pain de vie, pain qui remplace la manne dans laquelle les hommes ne trouvaient pas de remède contre la mort, pain descendu du Ciel qui assure l’immortalité, ce pain qui est sa propre chair et la vie du monde, ce pain indispensable pour vivre et gage de résurrection 2. Enfin nous revoyons pour la dernière fois dans les récits évangéliques le pain sacré sur les bords du lac de Tibériade et dans l’hôtellerie d’Emmaüs.
On croyait conserver à Constantinople, au moment où les Latins s’en emparèrent, un des pains de la Cène 3.
Les chrétiens durent plutôt prendre aux pays où ils se trouvaient la forme des pains, qu’ils ne l’empruntèrent aux souvenirs bibliques ; rechercher la forme des pains antiques, c’est donc rechercher aussi celle des pains de la liturgie primitive. Il semble que chez les Grecs ils aient ressemblé à une sorte de calotte surmontée d’un bouton ; nous avons témoignage de cela dans un bas-relief apporté de Cyzique par M. Waddington et donné au Louvre en i85q; d’après la proportion des figures, ils devaient avoir environ omi8 de diamètre, à peu près la dimension de ceux de Pompéi.