‹ La messe (volume 4)Chapitre 291 sur 335 · Reusens, Elém., II, 35i · texte numérisé non relu

Reusens, Elém., II, 35i

Voy. Gay, Gloss., 23g. — Bureites de Maubeuge,

BURETTES

tablette, pour serrer les deux burettes1. (Voy. PI. LXXVI.)

RESUME

Nous pouvons résumer en quelques lignes cette étude sur les burettes. Nous avons cherché leur forme d’abord dans les fioles domestiques ou dans celles des sacrifices antiques ; nous avons vu ces recherches autorisées par la ressemblance des vases de festins figurés sur les fresques cimetériales et sur les sarcophages. Nous avons demandé leur usage aux règles liturgiques de l’ordre romain qui nous a montré les solennelles offrandes de l’époque primitive ; là nous sont apparues les amphores sacrées, les amœ où les fidèles versaient leurs coupes de vin, scène d’une beauté antique dont les artistes ont sans doute été inspirés en représentant les noces deCana. Le trésor de Moissac rappelait encore ces amphores sacrées avant la Révolution.

Diverses burettes du ve siècle, celle surtout représentant ce sujet des noces de Cana, nous ont révélé l’élégance et le genre d’ornementation des amulœ après la paix de l’Église.

Les sanctuaires carlovingiens, héritiers fidèles des traditions et des usages des basiliques constantiniennes, sont enrichis d 'amulœ d’or et d’argent, fioles liturgiques qui avaient sans doute le même aspect comme elles ont le même nom que les antiques.

L’orfèvrerie, après Charlemagne, décline en Occident; privée du souffle du grand empereur pour l’inspirer, de ses richesses pour alimenter

i. Bibl. nationale, Pontifical latin , 962.

Musée des Thermes, peinture du grand retable.

Diptyque du xv° siècle de Sainte-Marie-la-Vieille de Carthagène. Museo arch. nacional, etc.

les artistes, elle a des produits aussi rares que grossiers, et nous la voyons mendier aux Arabes les ressources de leur industrie pour enrichir les églises chrétiennes. La Sicile prend surtout alors un monopole considérable de fabrication, et ses fioles en cristal de roche, qui convenaient si bien à la fonction de burettes, deviennent en vogue pour doter les églises royales.

Aux travaux arabes se joignent les produits de l’art byzantin qui nous envoie des vases de sardoine et d’onyx. Enfin l’orfèvrerie se relève peu à peu ; nous voyons Suger prendre ces vases et les confier à des ouvriers qui les enchâssent, sinon toujours avec un goût irréprochable, du moins avec une délicatesse qui prouve une main aussi adroite qu’expérimentée. Le trésor de Saint-Denis, celui de Saint-Marc de Venise nous ont offert des spécimens de ces curieuses transformations.

Les ateliers de Limoges, qui devaient acquérir une prospérité supérieure à ceux de Sicile et de Cologne , substituent bientôt leurs émaux aux pierres orientales ou aux simples surfaces métalliques. Les burettes sortent en grand nombre de ce centre et marquent une nouvelle phase dans leur histoire.

Après le xm° siècle, la fantaisie déborde ici comme partout, et le rococo gothique, qui ne vaut pas mieux que celui du xvme siècle, envahit aussi la fabrication desvases religieux. Cependantla fiole liturgique, passant successivement partousles styles, prenant la silhouette élégante de la capis antique, de l’amula de saint Silvestre ou d’Adrien Ier, soumise aux transparentes sculptures des cristaux arabes, enchâssée magnifiquement par les ouvriers de saint Henri ou de Suger au jmilieu des pierreries et des filigranes, enveloppée de brillantes peintures d’émail par les Limousins, enfin livrée aux caprices modernes, cette fiole subsiste toujours auprès du calice et de la patène, et témoigne par la variété même des formes qu’elle prend, comme des vêtements passagers, la permanence du mystère et du vin eucharistiques.

MESSE

LA

USTENSILES LITURGIQUES DIVERS

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