‹ La messe (volume 4)Chapitre 292 sur 335 · CHALUMEAU · texte numérisé non relu

CHALUMEAU

même nom fut étendu aux stylets, aux poinçons et même aux plumes et aux roseaux avec lesquels on écrivait, et c’est après avoir pris ce dernier sens qu’il fut, comme je l’ai déjà dit, appliqué à la fistule et au chalumeau ou roseau, dont on se servait pour prendre le sang de Jésus-Christ. Quant à l'expression « confirmer le peuple » (confirmât populum) c’est la même chose que le sanctifier, le fortifier par la participation au sang de Jésus-Christ. »

L’adoption de la fistula fut sans doute inspirée par la crainte de renverser le précieux sang; cela ressort de la règle cistercienne h

Bocquillot décrit ainsi l’usage qu’on en faisait2: « Le bout que l’on trempait dans le calice était large et convexe, ou fait en bouton, et l’autre bout qui se mettait dans la bouche était plus petit et tout uni : on le tenait enfermé dans un petit sac de toile ou d’étoffe fait exprès... » Après que le prêtre avait pris le corps du Seigneur, il mettait le gros bout du chalumeau dans le calice, prenait le précieux sang par le petit bout, et donnait ensuite au diacre le calice et le chalumeau. Lediacre prenait le calice de la main gauche et tenait le chalumeau directement avec les deux premiers doigts de la main droite; il le tenait ainsi sur le côté droit de l’autel jusqu’à ce que tout le monde,

i. Smith, Dict.

■i. Extrait des usages de Dijon au xu siècle. Voy. Excerpta ex Divioncnsi disciplina, caput XXI.

Voigt, Hist. Fistulœ euch., p. 22. Brême, 1740, in-4".

Outre le calice et la patène, il y a encore d’autres instruments qui servent au saint sacrifice d’une manière moins directe et qui, pour cela, ne reçoivent pas de consécration. L’ordre romain en fait l’énumération quand il décrit la manière de célébrer la messe, et le Livre pontifical en parle fréquemment en racontant les présents faits aux églises par les souverains pontifes1. Celui qui touche le plus près au saint sacrifice est la fistule, petit tube d’or ou d’argent dont on se servait pour prendre le sang du Sauveur dans le calice. Les liturgistes lui donnent différents noms; le plus ordinaire est calamus. On le trouve aussi désigné sous les noms de fistula , cannula, sipho, pipa, pugillaris , arundo.

« Je pense, dit le cardinal Bona2, que c’est par analogie avec le nom de calamus, qui désigne le roseau qu’on employait pour écrire, que le nom de pugillarium est donné à la fistule par l’ordre romain. En effet, on dit que plusieurs pugillares étaient portés parmi les vases sacrés devant le pontife qui allait célébrer dans une station, et ailleurs on lit dans ce même livre : « Ensuite l’archidiacre « passe le calice au sous-diacre qui lui remet un « chalumeau avec lequel il confirme le peuple. » Je n’ignore pas que par pugillarium les auteurs latins entendent les tablettes dont on se servait autrefois pour écrire, que les Grecs désignaient sous le nom de «ivccxfoia; mais dans la suite ce

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