CHALUMEAU
Florent Bravonius, moine de Worcester au xne siècle, nous dit dans la chronique de l’année 1087: « Divisit ecclesiis cruces, altaria, scrinia, « textos, candelabra, situlas, Jistulas et ornamenta « varia. » (Voigtd
Léon d’Ostie 1 (1 101-1 1 1 5) mentionne pour le saint sacrifice : « Fistulam unam auream cum angulo et tistulas argenteas duas » parmi les choses dont Victor III avait fait présent au monastère du Mont-Cassin.
Le mot cum angulo doit se traduire par la petite poignée dont les chalumeaux étaient quelquefois garnis ; on verra en effet par l’exemple de Wilten que la forme en était un peu angulaire. (PL CCCXIX.)
Gerbert2 cite des constitutions allemandes oü ces objets sont appelés harundines : « intérim cus- « tos et socii eius præparant quinque lumina in « ecclesia Sanctæ Mariæ, et pulpitum, duosque ca- « lices et duas harundines, ponanturque hostiæ « ut sufficere videtur communicantibus. »
L’évêque Conrad, dans la chronique de Mayence, parle de cinq fistules d’argent doré (erant fistulæ ad communicandum argenteæ deauratæ).
Ditmar , évêque de Mersebourg (f 1018), raconte (lib. VII, Chronic.) que le roi Henri donna « evangelium auro et tabula ornatum « eburnea, et calicem aureum atque gemmatum, « cum patena et Jistula ; item cruces duas et ca- « pulas ex argento factas et magnum calicem ex « eodem métallo cum patena simul et Jistula. »
Le livre des usages de Cîteaux, parlant de la manière de communier aux messes solennelles, dit qu’une fistule n’est pas nécessaire lorsque les ministres seuls communient ; mais si un plus grand nombre communient, on doit se servir d’une fistule que le diacre, après la communion, sucera aux deux bouts et purifiera le mieux qu’il pourra. Toutefois, dans les autres anciens rituels des monastères, l'usage de la fistule est toujours recommandé aux prêtres, aux ministres et à ceux qui veulent communier.
Les statuts des anciens chartreux l’appellent calamum , roseau , chalumeau ; « nous n’avons, y