‹ La messe (volume 4)Chapitre 32 sur 335 · Martigny, Pain eucharistique · texte numérisé non relu

Martigny, Pain eucharistique

se nommaient qnadra. C’est ce que désigne Horace par ces mots :

Et mihi funditur munere quadra1.

Ou Martial :

Nec te liba juvant, nec sectæ quadra placentæ2.

On voit au musée profane de Latran un basrelief qui représente l’enfournement d’un pain crucifère3. Ce furent sans doute ces sortes de pains que les chrétiens achetaient de préférence pour les oblations : ils leur offraient le double avantage de représenter le signe du salut, sans sortir des usages communs, loin desquels ils se seraient compromis. La plupart des anciens monuments chrétiens nous fournissent ce signe, ce qui prouve qu’après avoir longtemps acheté ces pains dans les officines publiques, les fidèles les adoptèrent plus tard pour leur propre fabrication. En effet, il n’est pas douteux qu’après le triomphe de la foi, beaucoup d’églises n’eussent leurs pistrines particulières. Les constitutions de saint Cyrille d’Alexandrie (-j-444) ordonnent que le pain eucharistique ne soit pas cuit ailleurs que dans l’église, et ces prescriptions sont encore en vigueur dans l’Orient4. Dès le ive siècle, saint Pacôme recommande aux frères chargés de faire les hosties de ne point tenir pendant ce temps des discours inutiles.

Nous ne pouvons dire cependant que les pains crucifères fussent dès l’origine d’un emploi général; pour ne citer que les fresques du cimetière de Calixte du 11e ou 111e siècle, les unes nous les montrent avec ce signe comme ceux qui accompagnent le poisson sur le trépied3, les autres sont de petits pains ovoïdes unis ou simplement marqués d’un point. Dans la célèbre peinture du cimetière de Lucine0, le poisson qui porte la corbeille sur son dos nous présente des pains de cette dernière sorte. Les sillons étant destinés à faciliter la fraction, il est probable que la dimension du pain en réglait le nombre dans l’usage commun. (PI. CCLXVI.)

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