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COMMUNION
eucharistique est tellement uni à celui de la vie éternelle, dont il est la garantie et déjà la joie, qu’il est possible qu’on les ait souvent identifiés. Dans le cimetière de Sainte-Agnès, une fresque nous montre encore les vierges sages de l’Evangile, d’un côté tenant leurs torches ardentes, de l’autre, assises au festin de l’époux. Cette noce divine est fêtée par le vin dont s’enivrent les vierges, et me paraît aussi révéler la même inspiration.
Dobbert1, dans son mémoire intéressant sur les représentations de la Cène, parle, à propos des repas eucharistiques, des fresques des saints Pierre et Marcellin (autrefois ad duas lauros). Dans l’une, trois hommes sont couchés sur un lit en sigma et deux femmes assises en avant sur des fauteuils; au milieu se dresse une table à trois pieds sur laquelle est posé un poisson en forme de dauphin ; à côté des convives, un enfant tient un calice conique à la main. On lit au-dessus des personnages couchés : Irene da calda, Agape miscemi. Irène et Agape personnifient ici la paix et l’amour, les traits essentiels de la joie céleste. (PI. CCCXXVIII.)
Une autre peinture du même cimetière nous montre trois hommes couchés autour du lit, les deux femmes aux extrémités, et de plus deux enfants entre les hommes2.
Ailleurs, la catacombe des saints Pierre et Marcellin présente, sur une peinture, une table en sigma avec six convives, hommes et femmes. A l’extrémité, un homme assis sur un banc se retourne pour parler à un serviteur dont on aperçoit encore le bras qui tend le calice ; sur le devant sont disposées quatre hydres énormes dont une garnie d’anses. Nous devons voir dans ce tableau une allégorie de Cana et par conséquent de l’Eucharistie3. (PI. CCCXXVIII.)
Parmi les banquets figurés dans cette catacombe, citons encore une fresque sur laquelle paraît une table carrée, couverte d’une nappe et garnie d’un
1. Dobbert, Représentations de la sainte Cene par l’art byzantin, p. 8. (Leipzig, 1872.)