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large vase, de deux verres, de quatre pains1. Une femme en simple tunique se tient au milieu, entre un jeune homme et un personnage barbu. Le jeune homme donne une assiette à un homme tenant un bâton, un pèlerin sans doute, scène à peu près répétée de l’autre côté. L’abbé Martigny croit voir dans ce tableau l’image de l’Eglise dépositaire de l’aliment divin et qui, par les mains de ses ministres, distribue l’Eucharistie aux pauvres voyageurs de la terre.
On a récemment découvert dans le cimetière de Saint-Hippolyte deux fresques conformes à celle d’Irène et d’Agape ; une particularité est le trépied figuré au milieu et qui porte le poisson mystique2. Dans les images romaines et juives, on l’y trouve aussi, mais il n’y figure pas souvent seul. — Or, le poisson isolé est dans la langue mystique l’Ichtus divin. Le festin céleste semble déjà représenté ici-bas par l’Eucharistie et permet sans doute de confondre les images de l’un et de l’autre.
La catacombe d’Alexandrie, découverte en 1864 par un savant français, M. Wescher, nous fournit un document important pour l'iconographie de la Communion. Dans une de ses chapelles, au-dessus d’un autel oü les saints mystères étaient célébrés, on distingue encore les restes d’une peinture. Trois scènes y sont représentées, le miracle de la multiplication des pains et des poissons, le changement d’eau en vin, et la participation des fidèles à l’Eucharistie ; les sujets sont désignés par des inscriptions au-dessus. Au centre, on voit le Sauveur, assis sur un trône entre saint Pierre et saint André qui lui présente le plat de poissons; à ses pieds les douze corbeilles de pains ; à droite de ce sujet central, le miracle de Cana; à gauche, des personnes assises comme dans un festin et cette épigraphe : TAS EYAOITAE TOT XT ES0IONTES « mangeant les bénédictions du Christ ». Saint Paul se sert de ce mot « eulogia », littéralement « bénédiction » pour désigner la Communion : là jTOTrjpiov tt); EÙXoyiaç. Le verbe correspondant cùXoyav est employé par les évangélistes en même temps que eùyaptaTEîv.et dans le même sens que lui, dans le récit de la multiplication des pains et des poissons et dans celui de la dernière cène. — Saint Cyrille d’Alexandrie exprime toujours par le mot