Martigny, Dict
IXe SIÈCLE.
blancheur, comme on peut en juger par cette circonstance de la vie de saint Mellit (-J- 624) : les trois fils de Sabert étaient idolâtres; étant entrés dans une église chrétienne oü le saint donnait la Communion, ils réclamèrent aussitôt leur part du pain blanc qu’il distribuait, mais voyant qu’il ne se prêtait pas à ce sacrilège, ils le bannirent du royaume
Ce même soin ne paraît pas avoir accompagné alors en Espagne les apprêts du saint sacrifice. Quelquefois les prêtres, soit par ignorance, soit par une hardiesse téméraire, ne s’inquiétaient pas de composer soigneusement des pains pour la table du Seigneur; ils prenaient des pains façonnés pour leur usage, et se contentaient d’y découper un morceau arrondi pour l’autel; les Pères du seizième concile de Tolède (693) s’élevèrent avec une grande force contre de tels abus, et décidèrent à l’unanimité qu’on ne se servirait plus désormais à la messe que d’un pain entier, propre, préparé avec soin pour le sacrifice (panis integer et nitidus qui ex studio fuerit præparatus). Il devait être de petites dimensions, selott les anciennes coutumes , « neque grande aliquid sed modica tance tum oblata, secundum quod ecclesiastica con- « suetudo retentât » (cap. XVI, can. 6).
Un des souvenirs historiques les plus intéressants que nous puissions rappeler pour le vme siècle , est le fait que raconte Ison dans le livre des miracles de saint Othrnar (f y 5 g). Vers le milieu du ixe siècle, lorsqu’on ouvrit le tombeau du saint abbé, on trouva près de la poitrine quelques rondelles de pain vulgairement appelées oblates, et si bien conservées qu’on aurait cru qu’elles avaient été façonnées dans la semaine même. « Sub capite autem et circa pectus viri Dei « quœdam panis rotulœ quæ vulgo oblatæ dicun- « tur, ita illæsæ atque ab omni corruptione extraie neæ abeodem episcopo Salomone inveniebantur, « ut nulla omnino parte colorent vel speciem sui « amittentes, adspicientium oculis infra spatium « ipsius hebdontadæ videantur esse confectæ. »
Théodulphe d’Orléans (f 821) recommande dans ses Capitulaires que les pains de sacrifice soient préparés proprement et avec soin.