‹ La messe (volume 4)Chapitre 44 sur 335 · Darcel, Ann. arch., tome XXVII, p · texte numérisé non relu

Darcel, Ann. arch., tome XXVII, p

Pour les hosties, voyez les effigies qu’a fait graver Goar : in Notis ad Eiicli., p. 1 17; Arcudius de sacram., III.

Sirmond, De A^irno.

En collationnant la version de Mabillon avec le manuscrit de la Bibliothèque nationale, on constate un assez grand nombre de divergences.

4. L’auteur dit ailleurs litteris pictos, mais nous devons, je crois, entendre ces mots dans le sens de relief.

IXe SIÈCLE.

trouve sous les pieds de la croix, et la vérité qui est dans le ciel, au-dessus de sa tête ; Jésus-Christ, la vie, la paix, la lumière, est au milieu, c’est-àdire dans le cœur.

Sur le revers de l’hostie le moule imprimait une inscription de cinq lignes dont la seconde et la quatrième sont au-dessus d’un large trait : Altissimus Dominus — Petrus. Sion. Paulus — Pater, Filins, Spiritus Sanctus, Andréas, Jérusalem. Jacobus , omnipotens Dominus.

Les trois personnes de la Sainte Trinité sont ici mentionnées; elles sont le Seigneur Très Haut , le Seigneur tout-puissant. Au centre sont inscrits les noms de Sion et de Jérusalem , figures du Ciel, ceux des deux princes des apôtres, enfin saint André , qui intervient dans le miracle de la multiplication des pains, et saint Jacques, le patron de l’Espagne. André et Jacques, dit l’auteur, ont été associés sur la terre comme Pierre, Paul et tous les saints le sont dans le Ciel avec le Dieu toutpuissant.

Ildefonse donne ensuite la mesure qu’avaient ces hosties. Il suppose trois pièces de monnaie, chacune assez petite pour pouvoir être recouverte par la largeur du pouce, rapprochées triangulairement; il leur suppose un cercle circonscrit de tel diamètre qu’une nouvelle pièce ne puisse être ajoutée aux premières sur la surface; ce cercle détermine la grandeur de l’hostie, soit environ omo5 L

A la fin du récit de sa révélation, il nous dit le poids qu’on devait donner à ces pains : trois pièces de monnaie moderne pèsent i 5 3 grains de froment. La grande hostie avant d’être cuite devait ainsi peser autant que les trois pièces dans la balance, et après sa cuisson diminuer d’un sixième de ce poids. La petite hostie n’avait pas un poids supérieur à une pièce de monnaie. « Trois cents nummi 2 équivalaient à une livre antique, chaque livre valait z5 solidi, le solidus 12 nummi comme autrefois en France 12 deniers. Ainsi les grandes hosties pesaient qgr. 8g cent, et les petites

1. Mabillon traduit cette phrase : « mensuram trium « digitorum anguli in rotundum panis azymi » par un rayon de trois doigts, soit plus de 10 centimètres de diamètre, ce qui lui paraît à lui-même exagéré. Notre compte rentre dans la grandeur des figures, qui devait être celle des modèles. (M igné, cvi, 384.)

2. Trecenti taies nummi antiquam per viginti et quinque solidos efficiunt libram, p. 890.

trois fois moins, c’est-à-dire 1 gr. 63 cent. L Ne nous étonnons pas d’une telle légèreté, lorsque de nos jours l’hostie réservée à la Communion du prêtre pèse à peine 1 gramme.

Les petites hosties, qui ne devaient être que la troisième partie des grandes, ne portaient pas autant d’inscriptions; on n’y imprimait qu’un de ces sigles XPC ou IHC ou DS; les autres mots que nous avons vus mentionnés dans les grandes, tels que Dns, Rex, Pax, omnipotens, vit a, panis, n’y paraissaient pas. Mabillon donne ici une figure un peu différente de celle que nous avons gravée et qui se trouve au verso du folio 66 de notre manuscrit de Paris. Il nous présente d’un côté le monogramme XPC et sur le revers AO sous une petite croix, tandis que nous avons sur cette face une croix à laquelle sont attachées les deux lettres grecques. Je suppose cette version plus exacte, car cette forme épigraphique est plus conforme aux habitudes carlovingiennes.

Au-dessous de ces deux petits disques, l’auteur raconte que d’un seul coup de gaufrier on peut confectionner cinq hosties, une grande comme celle rapportée plus haut, et quatre de la dimension de ces dernières : « In uno nernpè ferro cum ma- « gno possunt quinque sirnul ergo confici hostiæ « tali modo, ut maior panis sit médius qui primo « pictus est superius scripta : ita ut in uno habeat « scriptum XPC sursum, in altero IHC deorsum et « ad lævam Rex, sed nunquam est solus offe- « rendus absque ullo maxirno, aut sine ullo ex « aliis tribus, et in quarto loco ad meridiem DS. »

Telles sont les données matérielles que cet écrit, quelquefois d’un sens obscur, nous fournit sur les hosties au ixe siècle. lime semble qu’on peut attribuer confiance à ces descriptions, malgré la forme singulière sous laquelle elles se présentent à nous, car l’épigraphie, la manière des croix, la dimension, sont confirmées par les autres monuments qui ont été précédemment rapportés. Que cette vision soit un songe de l’auteur ou simplement le fruit de son imagination, cela n’infirme rien et n’empêche pas ces souvenirs de s’appliquer à des choses réelles.

1 J’ai pesé au Cabinet des médailles une monnaie du rè<me de Witiza (70 1-7 10). Elle est en electrum, de 22™"> de diamètre, et pèse 1 gr. 2 décigr. Je n’ai pas pris les monnaies de bronze, qui sont plus épaisses et qui pèsent davantage.

PAIN EUCHARISTIQUE

Ildefonse ne se contente pas de décrire la forme, le poids, les ornements des hosties, il s’occupe aussi de leur rangement sur l’autel, et le manuscrit du Vatican doit en contenir les figures rapportées par Mabillon; celui de Paris ne nous les donne pas, quoiqu’il en garde les descriptions.

A Noël, suivant cette liturgie, à la première et à la seconde messe, on devait offrir des pains égaux, les ranger douze sur la circonférence d’un cercle pour symboliser le chœur des anges, cinq au milieu en forme de croix pour signifier les quatre évangélistes et le Fils unique de Dieu ; celui du centre plus gros en l’honneur du Sauveur. Si vous divisez ce nombre total de 17 en fractions differentes, vous y retrouverez le souvenir des neuf chœurs des anges, l’homme-Dieu incarné dans la Vierge Marie. En groupant différemment les chiffres, on devait trouver aussi le sens de l’unité et de la plénitude divine. (Voir iervol.,p. 1 63 .)

La même disposition est prescrite pour l’Ascension et la Transfiguration.

A Pâques, on offre cent trente-cinq pains pour les trois messes, à savoir quarante-cinq à chaque messe. Les hosties sont distribuées en forme de croix équilatérale. De chaque côté de l’hostie crucifère centrale elles rayonnent par bandes de six. Le reste est rangé sur des doubles traverses. Je me figure que ce rangement rappelle le collège apostolique comme les colombes de la mosaïque de Saint-Clément à Rome attachées au bois de la croix.

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