Pcedag., I, p
funéraires? Etait-ce une image de la dépouille mortelle que l’âme abandonne à la terre, suivant les paroles que Prudence fait adresser par l’ange au martyr Vincent :
Pone hoc caducum vasculum,
Compage textum terrea,
Quod dissipatum solvitur,
Et liber in cœlum veni '.
Dans la crypte des saints Calocerus et Partenius, on distingue une nef portant des amphores, et un oiseau tenant une branche dans le bec et s’approchant du mat qui forme la croix. Quelquefois on voit dans le dolium un jeu de mot qui rappelle la douleur dont la séparation du défunt accable la famille.
Je préférerais chercher dans ce symbole un souvenir du sacrifice eucharistique. Saint Cyprien comparait le sang des martyrs à un vin généreux qui s’échappe du fût : « Vini vice sanguinem « fundistis. » Le petit baril de verre du Musée chrétien du Vatican, celui de la collection de M. J. Gréau, n’avaient peut-être pas d’autre usage que de le recueillir; ne pourrait-on, comme pour la vigne, y voir une allusion au vin sacré?
Baril de verre antique dessiné au Vatican.
Le passage de saint Ambroise que nous avons rapporté dans notre IIe vol., p. 5q, est encore plus explicite lorsqu’il nous parle du baril d’or où se trouvait la manne, l’aliment spirituel, «dote lium aureum habens mannam, receptaculum « scilicet spiritualis alimoniæ. »
On lit dans les Mélanges d’archéologie (t. II, p. 53) : « Lorsqu’avant le xue siècle, on réservait le saint sacrement, même sous l’espèce du vin (ce qui n’a plus lieu dans l’Église latine depuis longtemps), un baril d’or ou d’argent était franchement le vase le mieux approprié à une destination aussi délicate. Sa forme, outre qu’elle indiquait assez clairement le contenu, se prêtait à une fermeture exacte qui pût prévenir tout accident d effusion dans le transport. Nous en conservons encore
i. Peristeph., hymn. v, Migne, 5g5.