PREPARATION
le souvenir dans les cérémonies de plusieurs messes solennelles, où l’on présente à l’offertoire des barils de vin dorés et argentés. »
Lorsque les fidèles offraient du vin pour le sacrifice, c’était toujours du meilleur qu’ils pouvaient trouver. S’il n’y en avait pas de bon sur les lieux, on en faisait venir de pays lointains. Dans les Gaules même, on ne se contentait pas toujours du vin du pays, on vit souvent des fidèles, par respect, offrira l’autel du vin étranger, témoin cette femme dont parle Grégoire de Tours qui offrit un setier de vin de Gaza destiné aux messes qu’elle faisait célébrer pour le repos de l’âme de son mari. On sait que dans l’antiquité les vins de Gaza, en Palestine, étaient en grande réputation.
Les anciens moines manifestaient surtout leur piété par le soin dont ils entouraient les éléments de l’Eucharistie. Dans le vin destiné au saint sacrifice, ils considéraient la couleur et le goût; ils voulaient qu’il fût d'une couleur irréprochable. Pour ce qui est de l’eau, ils veillaient à ce qu’elle fût limpide et récemment puisée : « In vino qua- « tuor sunt consideranda, color et sapor, ut pute rum sit et non acidum. Aqua munda sit et re- « cens » h (Martène, de antiq. monach., ritib. 11,8).
Saint Paul, évêque de Verdun (-{- 649), remerciait saint Didier qui lui avait envoyé, avec ses saintes eulogies, du Falerne très distingué par douzaine de grands vases1 2.
Saint Remy, au rapport de Flodoard, laissa une vigne qui devait fournir du vin au saint sacrifice les jours des dimanches et des fêtes3.
Jadis la vigne était cultivée en Angleterre, comme le dit Bède expressément, mais cette culture cessa sous Henri II (-f- 1 1 89), lorsque les provinces françaises furent réunies sous le même sceptre. Déjà en 1076 le vin s’y obtenait difficilement, car le concile de Winchester (1076) met les prêtres en garde contre les fraudes auxquelles ils sont exposés.