Voyages liturg., p. O
La bénédiction des raisins figure, si je ne me trompe, parmi les miniatures d’un pontifical que j’ai examiné.
VIN EUCHARISTIQUE
doxie : « Le 6 août, jour de la Transfiguration, à la grand’messe, le célébrant, après ces paroles du canon : Sed veniœ quæsumus, largitor admitte, bénit les raisins nouveaux présentés sur l’autel par les mariliers, et dit l’oraison : Benedic, Domine, hos novos fructus uvæ . Après avoir dit :
In nomine Domini nostri Jesu Christi, il presse un grain ou deux de raisins dont il fait couler le jus dans le calice, avec le précieux sang, en disant : Per quem hœc omnia, Domine , semper bona créas. Ensuite les mariliers vont distribuer les raisins bénits à tous ceux qui sont dans le chœur. »
Bibliothèque de Boulogne (manuscrit du xi® siècle.)
CALICES
ORIGINES
En abordant l’étude des calices, qui est d’une importance capitale dans cet ouvrage, et à laquelle d’innombrables monuments doivent fournir une assez grande étendue, nous devons indiquer l’ordre que nous avons suivi.
Elle sera d’abord partagée par siècles; dans chaque époque nous examinerons les calices les plus précieux en or ou argent, en métal commun, en verre, en bois, etc. On passera ensuite aux monuments figurés, aux sculptures, peintures, etc., et enfin à quelques textes pouvant éclairer cette histoire et rappeler le symbolisme liturgique. Dans chaque division nous visiterons, successivement l’Italie, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, etc.
Nous nous servirons du mot calice pour désigner le vase employé pour le précieux sang, comme de celui que les diverses époques ont le plus souvent adopté, celui qui en exprime aujourd’hui le plus clairement l’usage.
On ne s’accorde pas sur l’étymologie. Selon Salmeron de Tolède (f 1 585) et Vossius, elle viendrait de l’usage de préparer des boissons chaudes dans ce vase, et ils citent ci l’appui de cette hypothèse les mots de Varron (26 ans av. J.-C.) : « Calix a caldo, quod in eo calda puis « (bouillie) adponebatur et calidum eo bibebant. » On sait le goût des anciens pour les boissons chaudes. On a dit encore que calice venait dexuxXo; qui veut dire rond.
Les anciens auteurs ne se sont pas toujours servi de cette expression; Tertullien 1 appelle ce vase : « Poculum participans sanguinem Christi.» Chrysostôme : 7wnJpiov nveu(jta-ct/.ov, le vase spirituel2. Socrate : r.oifyw puair[p;wv, le vase des mystères ’.
Saint Athanase l’appelle « le vase du Seigneur, » saint Ambroise « la coupe mystique » (poculum mysticum), Synesius « le vase mystique » (vas mysticum).
Comme toujours il nous faut, en recherchant les débuts de la liturgie chrétienne, jeter un coup d’œil sur les monuments hébraïques. L’Ecriture sainte exprime souvent par le mot calix l’idée d’un vase servant à la boisson. « Calicemque « Pharaonis in manu mea : Tuli ergo uvas et « expressi in calicem quem tenebam (Gen. 40. 1 1 ). « = Dabisque ei calicem juxta officium tuum « (id. 1 3). = Quia calix in manu Domini vini « meri plenus misto ( ps. 74.9).= Et calix meus « inebrians quant præclarus est ! (ps. 22.5). = Et « posui coram filiis domûs Rechabitarum scyphos « plenos vino, et calices; et dixi ad eos : bibite « vinum (Jérémie xxxv. 5).= Calix aureus Baby- « Ion in manu Domini, inebrians omnem terrant; « de vino ejus biberunt gentes et ideo contmotæ « sunt (id. li. 7). »
La Bible compare les bords de la mer d’airain