‹ La messe (volume 4)Chapitre 66 sur 335 · Bulletin d’arch. chr., 1882, p. 123, pl. VII · texte numérisé non relu

Bulletin d’arch. chr., 1882, p. 123, pl. VII

Archives de l’Orient latin, t. II, 2, i883, p. 439, 455. Édition à part, tirée à 90 exempl,

une influence notable, car c’était le privilège de ces grands artistes de rester conquérants, que leur patrie fût vaincue ou victorieuse; on ne doit donc pas s’étonner en ce qui concerne l’orfèvrerie, et, dans les limites d’une liturgie invulnérable, de retrouver la même forme à Jérusalem qu’en Grèce ou à Rome; cela explique la singulière similitude de ces vases avec ceux que nous allons mentionner.

Nous observons encore ici que les plus anciens instruments de la liturgie eurent les ustensiles même des païens pour modèles, et qu’ils furent généralement empruntés à ceux de la vie ordinaire. Les premiers autels furent des tables domestiques, les chaires des premiers évêques, les sièges des patriciens, les premières hosties des pains ordinaires; nous pouvons ajouter que les premiers calices rougis par le précieux sang durent être les coupes qui servaient sur les tables antiques '. De cette observation qui résulte du simple bon sens, et de la similitude qu’on remarque entre les vases païens et les plus anciens calices que nous ayons, nous devons comprendre la nécessité d’étudier la forme des vases de table dans l’antiquité, pour connaître celle des calices à l’origine.

Occupons-nous d’abord, au point de vue de la forme, des vases antiques, et, en commençant, de ceux munis d’anses.

Le -/.ijAÇ 2 était ordinairement une coupe circulaire peu profonde, garnie de deux petites anses et montée sur un pied peu élevé; les Grecs avaient aussi le calice naukratites avec quatre espèces d’oreilles, le calice therikleios , ainsi nommé de Thériclès qui en fut l’inventeur à l’époque de la guerre du Péloponèse.

Le depas, qui remonte à une haute antiquité, se rattache à la même catégorie ; on fait dériver son nom des deux anses attachées aux côtés, Suo cô-aç.

Les habitants de l’île de Chypre appelaient aussi calice le kotyle , vase du même genre, quelquefois muni de deux anses, mais dont le corps est plus élancé.

Le canthare (xav 0apo;) était un gobelet à boire,

1. Daillé (f 1670), malgré ses préjugés protestants, peut avoir raison lorsqu’il dit que les calices étaient les mêmes que pour les repas; seulement, je suis convaincu qu’ils étaient mis à part après avoir reçu le précieux sang.

2. Panofka, Recherches sur les véritables noms des vases grecs.

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