‹ La messe (volume 4)Chapitre 67 sur 335 · ANTIQUITE · texte numérisé non relu

ANTIQUITE

d’invention grecque (Virgile, En., vi. 17); il était anse, et spécialement consacré à Bacchus, comme le scyphus l'était à Hercule. Rich en donne un croquis d’après une terre cuite. On peut voir aussi sur une peinture de Pompéi, une femme versant du vin dans un canthare '.

Plusieurs autres vases se rattachent au même type. Le carchesium, coupe à boire le vin d’invention grecque, était d’une forme élevée, évasée, il portait de chaque côté deux anses légères 1 2. Le cymbium, ainsi appelé de sa ressemblance avec la barque (cymba), avait deux anses formant volutes sur les côtés 3. Le cissybium, aussi pour boire, n’avait qu’une anse.

Le scyphus différait du calice, mais il servait à table : Pirro Ligorio, dans l’admirable collection de dessins de la bibliothèque de Naples, donne ce nom à un calice muni de deux anses.

Un ex-voto, provenant du temple de Tanit, nous offre la figure d’un calice à deux anses4 5.

Deville publie un charmant verre à boire, orné d’anses qui imitent les serpents s.

Les boissons n’étaient pas versées directement dans les calices, on les préparait dans le crater, vaisseau d’une grande capacité, contenant un mélange d’eau et de vin. L’échanson prenait cette liqueur avec une cuiller (cyathus) c pour la distribuer aux convives, usage que nous retrouverons dans la liturgie primitive et dans les descriptions de l’Ordre romain. Ce vase avait toujours une large ouverture, comme on peut le voir par un bronze de Pompéi et sur un bas-relief de Cyzique, donné au Louvre par M. de Waddington. Il était, comme celui de Pompéi, muni quelquefois de poignées.

Je me figure que les urnes miraculeuses de Cana n’étaient autre chose que les cratères, qui, chez les chrétiens, devinrent les amœ. J’ai calqué à la bibliothèque Vallicelliana, à Rome7, un vase intitulé par le dessinateur hydria, qui paraît de la meilleure époque antique et qui fut peut-être destiné à un usage de cette sorte; sa large panse

Page 1