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CALICES
lieux saints1, écrite d’après la relation d’Arculphe, évêque gaulois, qui entreprit vers l’an 640 un voyage en terre sainte : « Inter illam quoque « Golgothanam Basilicam et martyrium, quædam <t est exedra in qua est calix Domini, quem a se « benedictum propria manu in Cœna, pridie « quam pateretur, ipse conviva apostolis tradidit « convivantibus : qui argenteus calix sextarii « gallici (7 litres 44) mensuram habens, duasque « ansulas in se utraque parte altrinsecus continens « compositas. »
Bède, qui a fait son petit traité « De locis sanctis » d’après cette relation, y ajoute quelques détails : « In platea quæ martyrium et Golgotha « continuât, exedra est in qua calix Domini sente niolo reconditus per operculi foramen tangi « solet et osculari : qui argenteus calix hinc inde « habens duas ansulas sextarii gallici mensuram « capit. »
Ce témoignage, auquel Baronius ajoute foi, nous apprend donc que le calice était d’argent, qu’il était garni d’une anse de chaque côté. D’après sa capacité nous pouvons supposer le bol, auquel se rattachaient les deux anses et le pied, d’un diamètre de om3o environ sur une hauteur de om2o.
On ignore à quelle époque ce calice fut enlevé de Jérusalem. Quaresmius en fait mention, mais il ajoute qu’il se trouvait de son temps dans la cathédrale de Valence2. Il est question pendant le moyen âge de la présence des vases de la Cène dans certains dépôts de reliques. Antoine, archevêque de Novgorod, raconte que l’on conservait à Constantinople, dans le trésor de Sainte-Sophie, « catinum parvum marmoreum quo usus est « Christus, quum Cœnam cum discipulis cele- « bravit feria quinta maiori » 3.
Faut-il voir un objet de même genre dans le calice en forme de mortier que décrit la chronique de Mayence ? Sa grosseur, celle d’un doigt, laisse supposer qu’il s’agit encore de marbre et non de métal: «Calix (Christi) major quot marcas habuerit, « nescio. Certum autem est, quod spissitudo ejus « erat digiti, habebat autem idem calix duas ansas, « quæ poterant manus supplere levantis, sicut
1. De locis Terrœ sanctœ, lib. I, cap. vm, publié par Mabillon, siècle 111 des saints de l’ordre de saint Benoît, t. II, p. 502.