Liturgie, trad., p
Optât de Milève, lib. vi : « Fregistis calices, Christi san- « guinis portatores, quorum species revocastis in massas, « mercem nefariis nundinis procurantes. Emerunt forsi- « tan in usus suos sordidæ mulieres. Emerunt pagani « facturi vasa in quibus incenderent idolis suis. » Le mot evocare in massas veut bien dire qu’il s’agit de métal.
Optât de Milève rapporte encore (lib. I, De Mensurio Episcopo J : « Ecclesiæ ex auro et argento quam plurima « ornamenta, quæ nec defodere terra, nec secum portare « poterat. #
Boquillot est bien d’avis que les calices sont implicitement compris dans le mot ornamenta (p. 177).
rôles : « Vous avez brisé les calices » pour établir qu’alors les calices étaient en verre. Sans doute qu’ils ne seraient pas tombés dans cette erreur grossière, s’ils eussent lu le passage en entier; car les fragments de verre ne peuvent être vendus, et on ne saurait s’en servir pour faire des vases à l’usage des idoles. On voit dans Baronius (Ad. ann. 3o3) les actes des proconsuls contre les traditeurs sous le règne de Dioclétien et de Maximien, actes dont parle saint Augustin ( Epist ., 1 6 5 et in libris adv. Cresconium ), par lesquels nous apprenons que les Donatistes avaient livré non seulement les saintes Ecritures, mais encore plusieurs calices d’or et d’argent. Ici revient également ce que dit Grégoire de Tours (lib. I, de Gloria martyrum ), qu’on avait retrouvé différents vases d’argent dans les Catacombes, où les fidèles s’étaient réunis dans les temps de persécution. La paix ayant été rendue à l’Eglise sous le règne de Constantin et des princes ses successeurs, les églises commencèrent alors à posséder un grand nombre de calices d’or et d’argent, et quelquefois enrichis de pierres précieuses.
Théodoret (-J- 458) raconte que Julien l’Apostat (f 362) commanda de porter à l’épargne les vases qui servaient à la célébration des mystères ; Félix, son trésorier, considérant ces vases que Constantin et Constance avaient fait faire avec toute la magnificence possible, disait : « Voilà les vases dans lesquels on sert le Fils de Marie ! 1 »
Les témoignages des écrivains sont nombreux pour prouver l’existence au ive siècle, dans les églises, de riches vaisseaux liturgiques. — Nous répéterons ces vers de Prudence (Peristeph., hymn. II, 69) :
Argenteis scyphis ferunt
Fumare sacrum sanguinem.
Saint Ambroise (f 397) avait racheté des captifs avec le trésor de Milan; il disait qu il n’était pas nécessaire d’avoir des calices d’or. Il nous apprend en même temps que les églises en étaient souvent pourvues 2 : « Et vere vasa sunt ilia pretiosa quas redimunt animas a morte. »
Nous avons déjà vu saint Augustin rappeler les anciennes richesses de l’église de Cirta; nous