‹ La messe (volume 4)Chapitre 87 sur 335 · Bull, d’arch., 1864, p · texte numérisé non relu

Bull, d’arch., 1864, p

CALICES DE VERRE

collegiale de Maëstricht, un calice attribué à saint Servais (-J- 384) et qui disparut à la Révolution française; il était ainsi désigné dans l’inventaire de 1677 : « Duo calices quorum alter crystallinus,

« munitus circulo et pede aureo, habens duas « ansulas ad formant (juxta Baronium) calicis « Domini, alter minor argenteus. » Nous avons heureusement conservé un meilleur souvenir de cet objet que la courte description qu’on vient de lire ; van Heylerhoff (né en 1774) a écrit brièvement une monographie de l’Église et du Trésor de saint Servais, et nous a transmis un petit dessin du calice. C’est ce dessin, que l’on conserve à la bibiothèque de Maëstricht, dont nous publions la copie (PL CCLXXXVII), communiquée par le révérend doyen delà cathédrale1. Van Heylerhoff accompagne son dessin de cette légende : « Calix « sancti Servasii solemnis cum patena, quem con- « forment esse ei quo Dont, noster Jésus Chris- « tus ex auro obryzo, intus vero chrystallinus. » D’après cette seconde description, postérieure d’un siècle à la première, on aurait recouvert la coupe elle-même de lames d’or, comme cela s’est souvent pratiqué pour protéger les précieuses reliques.

A l’aide de ces divers documents, il semble qu’on peut assez sûrement dégager les faits suivants : saint Servais aurait légué à son église une coupe ansée qui fut après lui, et par respect pour sa mémoire, précieusement conservée. A une certaine époque, cette coupe qui avait certainement des anses, puisqu’on l’assimile à celle que Bède attribue à Notre-Seigneur, fut montée par un orfèvre qui l’orna dans le haut d’un cercle d’or et la garnit dans le bas d’un pied en même métal. L’époque de cette monture peut être ancienne; les Romains connaissaient ces vases faits en double matière. Cicéron, dans son plaidoyer contre Verrès, parle d’un vase pour le vin, taillé dans une gemme gigantesque et dont l’anse était d’or. Le calice de saint Cuthbert avait sa coupe taillée dans un morceau d’onyx qui posait sur le dos d’un lion, sans doute en métal; la singularité de cette forme pour un calice eucharistique semble indiquer qu’il était de provenance antique. Les Byzantins, héritiers des traditions antiques, nous laissent plusieurs spécimens de ces sortes d’ou-

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