‹ La messe (volume 4)Chapitre 94 sur 335 · Doughty. p · texte numérisé non relu

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tre de l’Italie on pouvait déjà voir le flot montant des barbares apparaître sur la crête de digues désormais trop faibles, puis bientôt les surmonter, les rompre et envahir les plaines dévastées du Latium pour se heurter aux murs de Rome, qui s’ouvrent enfin devant la violence de l’invasion ; Alaric, en 410, met à sac la ville éternelle. Cependant, en l’abandonnant à la rapacité de ses soldats, il conservait une secrète terreur, et comme pour s’excuser il disait : « Je fais la guerre aux hommes et non aux apôtres»; il commandait de respecter les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul avec toutes les richesses qu’elles renfermaient et qui, grâce à la munificence des empereurs, s’élevaient à une haute valeur1. » On avait jugé prudent, au moment où les Goths s’étaient rués sur la ville, de soustraire les vases sacrés au gazophilacium de Saint-Pierre et de les confier en garde à une vierge chrétienne. Un officier entra dans sa maison et lui fit la sommation ordinaire : « Apporte-moi tout ce que tu as d’or et d’argent. » La vierge s’approcha d’une cachette dont elle ouvrit la porte, et elle en tira des objets précieux qu’elle étala successivement devant le barbare ; c’étaient des ornements d’or et d’argent enrichis de pierreries et du plus beau travail, principalement des vases ciselés dont il contempla longtemps l’éclat et la forme inusitée. Il les soulevait avec la main, comme pour en estimer le poids et demandait, émerveillé, à quoi servaient de si belles choses : « C’est le trésor de l'apôtre saint Pierre, dont je suis dépositaire, répondit-elle; ces vases sont ceux qu’on emploie aux mystères, dans sa basilique"2. » Emu de ce qu’il entendait, l’officier goth s’arrêta respectueusement devant ce trésor, il envoya interroger Alaric, qui donna l’ordre de tout réintégrer à Saint-Pierre. On vit alors un spectacle étrange : au milieu de la ville en flammes, il se forma une vaste procession, composée des vainqueurs et des vaincus, mêlant leurs voix disparates dans les mêmes hymnes, et reportant en triomphe les vaisseaux sacrés dans la basilique3.

La préservation du trésor de Saint-Pierre ne résulta malheureusement pas d’une règle générale,

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