‹ La messe (volume 5)Chapitre 11 sur 303 · Du sacré mystère de l'autel, p · texte numérisé non relu

Du sacré mystère de l'autel, p

T rad. de Couren.

AMICTS.

indiquées, les ondulations de la pièce de lin à laquelle il se rattache.

Ne nous étonnons pas de rencontrer, pour cette époque, de riches ornements sur les images, lorsque nous savons par l'inventaire du Saint-Siège de 1292, qu’on possédait à Rome des amicts splendides brodés de fleurs de soie, d’images de saints, enrichis de perles et d’or. — « Item unum amit- « tum laboratum ad aurum tractitium et perlas « et flores de serico diversorum colorum. — Unum « amictum ad aurum filatum de opéré anglicano « cum media imagine Salvatoris in medio. — « Duodecim amictos antiquos sine frixio in medio. « — Unum amictum cum frixio de Alamania b »

Les statues qui ornent les portails de nos cathédrales peuvent nous fournir de beaux exemples pour les amicts du xme siècle en France; citons celles d’Amiens, et surtout de Chartres, où nous trouvons tous les ornements sacerdotaux reproduits avec soin et d’une richesse merveilleuse. (PL DXVI1I.) C’est une profusion de pierreries alternant avec des perles, des rivières de perles sur les bords et au-dessous des agrafes, chefs-d’œuvre d’orfèvrerie. On remarquera, d’après ces exemples, que le collet de l’amict ne paraît pas, en France, avoir été aussi grand qu’en Italie ; les angles ne se rejoignent pas en avant, mais, sous la gorge, ils s’écartent et laissent voir entre eux les plis de lin du corps meme de l’amict. — Cette circonstance tient sans doute à la forme de la parure, qui n’occupe pas toute la largeur de l’amict.

Nous avons dessiné dans la petite église de Saint- Pair, près de Granville, une statue tombale de saint Scubilion, où cette observation peut être répétée; l’amict, dans le collet, ne se rejoint pas en avant et laisse voir dans l’intervalle les plis du lin ; le collet, d’une grande hauteur, n’a pas d’ornements, mais il devait les recevoir de la peinture. Je suppose ce monument du xme ou du commencement du xive siècle. (PI. DXVII.)

Montfauçon 2 nous a laissé dans ses albums un joli dessin à la sanguine, où l’on voit un abbé représenté couché, avec un col d’amict gemmé, perlé et divisé au milieu par les plis de lin ; il rapporte aussi une statue de saint Evroul où l’amict est bien accusé. (PI. DXVIII.l

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