‹ La messe (volume 5)Chapitre 112 sur 303 · Renseignement donné par M. de Farcy · texte numérisé non relu

Renseignement donné par M. de Farcy

ETOLES.

« tiré. Et en sont les boutz plus larges faicts à « ymages tant dehors que dedans, mes par le de- « hors les ymages sont ennoblyes de pierres et « perles touttefois au fanon a quatre perles sans « pierre.

« Item , une autre estolle plus estroicte et plus « courte, toute d’or tiré, les deux bouts ennoblis « de petites perles en manière de losenges enrichis « aux coins desdits losenges de fermailles d’or « émaillées et de perles.

« Item, une estolle à champ violet, à ymages « d’or et à fénelles aux deux bouts a escripture « de lettres anciennes et aux deux bouts a deux « ymages d’or tiré.

« Item, une aultre estolle et ung fanon de drap « d’or à champ violet semez de branches bordés « par tous les côtés de lettres anciennes faictes de « menues perles et aux bouts à ymages d’or tiré.

« Item , ung fanon long de drap d’or à champ « rouge semé de rondeaulx et entre les rondeaulx « a diverses chimères.

« Item , une autre estolle viculle de drap violet « semé de croissans et de trèfles d’or. »

Aujourd’hui nos étoles sont des bandes de om09 de large, 2m40 en longueur, qui s’évasent aux extrémités; au milieu est une petite croix que le prêtre doit baiser avant de se vêtir. Au droit du collet est une petite bordure de batiste de fil bordée de dentelle, et pliée de omo3 sur la face et l’envers, longue de om66, et qui préserve l'étole elle-même des salissures.

L’étole pastorale est un peu moins longue; elle se distingue par les glands qui sont attachés à om6o du bas et qui forment sa caractéristique

En revêtant l’étole, le prêtre récite cette belle prière : « Redde mihi, Domine, stolam immorta- « litatis quam perdidi in prævaricatione primi « parentis et quamvis indignus accedo ad tuum « sacrum mysterium merear tamen gaudium « sempiternum. »

i. Renseignement donné par M. l’abbé Godet.

RÉSUME

L’ornement liturgique que nous étudions ne semble pas avoir beaucoup varié dans la suite des temps; nous avons d’abord cru le reconnaître dans les monuments primitifs, dans les fresques des Catacombes, dans la mosaïque de Tabarka. Pendant l’époque carlovingienne il apparaît avec une grande richesse dans la liturgie; il est d’or et frangé sur les sacramentaires de Tours, orné des plus fines broderies sur l’ivoire Spitzer, largement décoré sur le manuscrit d’Haimon. Jusqu’alors, c’est une bande droite. Le bénédictionnaire d’Æthelwold, au ve siècle, nous montre pour la première fois le demi-cercle ou le petit carré ou trapèze qui entrera souvent dans la confection de l’étole. Le manuscrit latin 819, de la Bibliothèque nationale, à peu près contemporain, nous offre un carré frangé à l’extrémité, et l’étole, au lieu d’être placée entre la chasuble et la dalmatique, comme dans le sacramentaire de Tours, paraît entre la dalmatique et l’aube.

L’étole de saint Bernulphe, au xie siècle, laisse se dérouler, comme une riche légende, des scènes évangéliques tracées en or sur fond de pourpre ; les fresques de saint Clément nous la montrent ornée de croix; le manuscrit de la Minerve et la vie de saint Aubin, à la Bibliothèque nationale, garnie de treillis et de franges; jamais elle n’avait atteint la même largeur. La forme potencée se manifeste alors assez souvent, surtout en Angleterre et en Allemagne.

Au xne siècle, cette forme ne s’efface pas partout, ainsi qu’on peut le voir sur quelques sceaux, mais elle est souvent remplacée par l’évasement, comme on l’observe sur l’étole de Sens, sur le tombeau d’Ulger d’Angers. On remplace aussi les franges, quelquefois par des ornements métalliques et des clochettes dont le poids faisait mieux retomber la bande et qui rappelait en même temps la fidélité des chrétiens aux souvenirs bibliques.

DALMATIQUES

ORIGINES

Il n’est pas aisé à l’origine de distinguer l’aube, c’est-à-dire la tunique intérieure, de la dalmatique que nous verrons plus tard la recouvrir, sans la cacher entièrement. Dans la suite, la dalmatique devint un vêtement assez court, fendu latéralement sous les bras, et garni de manches larges et courtes; mais au commencement, il ne semble pas qu’il en fut ainsi. D’après les monuments des Catacombes, les orantes sont habillées de robes talaires, sans ceinture, et ornées de claves quelquefois très riches, — robes qu’on a nommées colobia, bien que le vrai colobium, comme on le voit sur une figure de la colonne Trajane, soit une tunique qui ne descend qu’à mi-jambe et dont les manches n’atteignent pas le coude. Ce dernier vêtement, il faut ajouter, apparaît quelquefois dans les fresques cimetériales avec le diacre, de sorte qu’il n’est pas certain que l’origine cherchée ne soit pas précisément celle-ci.

La différence de fonctions dans la sainte liturgie entraînait la différence des vêtements; il est naturel de penser que les ministres secondaires, tels que les diacres, chargés d'un rôle actif, consistant à ranger les diverses classes de fidèles dans l’église, à leur rappeler les moments et les actes de la prière, à recevoir leurs offrandes, dussent avoir un costume dégageant davantage leurs mouvements, au lieu queles prêtres recueillis, ordinairement immo¬

biles dans la prière, pouvaient, sans inconvénient, porter des vêtements talaires et y trouvaient un accroissement de dignité dans leur maintien.

Nous trouvons ces deux sortes de vêtements chez les Romains, auxquels les chrétiens durent les emprunter, plutôt qu’aux Hébreux qui leur léguaient la Bible et les prophéties, mais dont il y avait impossibilité d’hériter des rites extérieurs; saint Jacques, dans le sanctuaire, portait, dit-on, la tunique pontificale, le superhuméral que l’on conserva de longues années à Jérusalem1, et qui furent portés à Constantinople au ixe siècle. Il est probable que ces vêtements appartenaient à la liturgie juive, il est présumable aussi que les apôtres les auraient employés s’ils fussent restés à Jérusalem; mais leur dispersion les força à prendre, dans toute chose indifférente, les coutumes des peuples qu’ils allaient prêcher.

La prescription évangélique qui leur défendait d’emporter deux tuniques, devait les détourner aussi de grossir leur bagage de missionnaires d’objets peu nécessaires et qui pouvaient offrir quelque singularité aux yeux des nouveaux convertis. — Nous ne doutons pas qu’ils n’acceptèrent les modes romaines, alors universelles, et qui devinrent celles consacrées et fixées par la liturgie. Là doivent être cherchés les premiers vêtements de la messe, comme nous l’avons fait pour les premiers meubles liturgiques.

i. Du Saussaye, Panoplia, p. 870.

DALMATIQUES

A Rome, ceux qui portaient la dalmatique s’appelaient dalmaticati; c’était une longue blouse faite de laine blanche de Dalmatie, descendant jusqu’aux pieds, garnie dans toute la hauteur de deux bandes de pourpre, et munie de manches extrêmement amples; cette description, donnée par Origène, correspond à une des miniatures du Virgile du Vatican, exécutée peut-être sous Septime- Sévère h Les Romains l’avaient comme vêtement de distinction dès le 11e siècle2. C’était à peu près la tunique sénatoriale devant laquelle descendait la laticlave3. Ils avaient sous la toge une tunique sans manches qui servait à distinguer les trois ordres : celle des plébéiens était tout unie, celle des patriciens et des chevaliers était bordée d’une bande de pourpre plus ou moins large qui fit donner au vêtement le nom de laticlave et d’angusticlave4; Sarnelli5 n’hésite pas à assimiler ces vêtements à ceux des diacres. — Selon cét auteur, les tuniques romaines étaient des vêtements carrés, ou pour mieux dire, composées de deux vêtements carrés qui s’agrafaient sur les épaules. Tertullien nous apprend que les tuniques des anciens Carthaginois étaient de cette sorte, s’ouvrant seulement de côté; il les appelle « quadrangulas. »

Les clavi étaient de petits morceaux de pourpre; ils tirent peut-être leur nom de la forme circulaire qu’avaient autrefois ces applications d’étoffes; mais sur les tuniques des sénateurs et des chevaliers, ils formaient des raies verticales descendant du col jusqu’à la bordure inférieure. Les clavi des sénateurs se mettaient au milieu de la poitrine, s’inclinant vers le flanc gauche6; ils avaient une grande largeur, ceux des chevaliers étaient doubles , très étroits, ils passaient pardessus les épaules. On les appelait quelquefois dans cette circonstance purpurce1 . Peu à peu, ces insignes cessèrent d’être le privilège des rangs; le Virgile du Vatican, dans ses peintures, nous montre un canaille avec une dalmatique tout à

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