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à Rome, et qui représente un personnage sous un vêtement de ce genre. — Nous retrouverons au Moyen âge des applications analogues, sous le nom d’orfrois.
VI I°— VI IIe SIÈCLES.
Les manches, déjà si amples sur les fresques des Catacombes, augmentent démesurément au vne siècle. Lorsque nous les avons vues, sur les mosaïques de Ravenne, former le tiers de la hauteur du vêtement, nous allons, sur celles de Saint-Venance, constater qu’elles en dépassent la moitié. Malgré la souplesse qu’on peut supposer à l’étoffe, une pareille coupe devait offrir une gêne extrême. L’ornementation est la même, les claves au milieu, la double bordure à chaque manche ; on observe que les claves s’écartent dans le haut pour le passage du col. Nous estimons que le largeur de ces dalmatiques, les manches comprises, devait être de imqo, et la hauteur im3o (PI. DXXXVIII.)
Les plus anciens claves de la dalmatique sont noirs, ou du moins très foncés; la première exception, qui nous les montre rouges sur les tuniques des apôtres, daterait de 640 '.
Nous avons le bonheur de posséder en France mieux que des images de dalmatiques, mais un de ces vêtements lui-même, qu’on a retrouvé dans la châsse de saint Hydulphe, à Moyen-Moutiers. En 1701, Dom Alliot reconnut les reliques et trouva une tunique fort ancienne, avec cette inscription : hac tunica involutum fuit corpus sancti Hydulphi. — Il est plus probable, cependant, qu’il s’agit de la dalmatique de saint Léger, parce que Jean de Bayon, qui écrivait en i32Ô, après avoir raconté la guérison d’un possédé par l’imposition de plusieurs reliques de saint Etienne, ajoute : « Egovero « in ipso scrinio vidi, cum pluribus aliis ipsorum « martyrum reliquiis, de saxo quo lapidatus est « sanctus Stephanus, et carbones sanguineos,
1. Smith. On en voit un dessin colorié dans la collection de Windsor.
VIIIe SIÈCLE.
« sancti Laurentii levitæ, et dalmaticam sancti « Leodegarii1. » Dans un second mémoire sur ce sujet, M. l’abbé Déblayé, auquel nous devons les renseignements ci-joints, se prononce aussi en faveur de saint Léger (-J- 678).
Quoi qu’il en soit, cette dalmatique porte en ellemême des caractères incontestables d’antiquité; les bandes qui descendent au milieu et qui bordent les manches, l’ampleur extraordinaire des manches la rapprochent des mosaïques de Ravenne ou de Saint-Venance à Rome. Les différences n’apparaissent que dans les détails, par exemple les claves sont plus rapprochés et se composent ici d’une bande rouge qu’accompagnent à droite et à gauche d’étroits filets. — Entre les filets des manches on remarque de petites croix ou des rosaces.
Je n’ai malheureusement pas obtenu l’ouverture de la châsse, mais M. l’abbé Martin m’a assuré que les relevés de M. Déblayé, d’après lesquels a été faite notre gravure, présentaient la plus grande exactitude. (PI. DXXXVIII.)
Saint Isidore (6oi-63o) regarde la dalmatique comme un habit sacré : « Dalmatica vestis pri- « mum in Dalmatia provincia Græciæ texta est, « tunica sacerdotalis candida cum clavis ex purpura2. » Il parle aussi du colobium, vêtement long et sans manches, et il paraît dire que l’usage en était passé : « antiqui enim magis hoc utebantur. » Il ajoute que le lebitonarium , un vrai colobium, servait encore aux moines d’Égypte. Le ive concile de Tolède, tenu peu d’années après sa mort, ne mentionne pas la dalmatique dans les prescriptions sur le costume sacerdotal. L’emploi n’en était peut-être pas encore général en Espagne 3.
Lorsqu'on reconnut en 1004 les reliques de saint Cuthbert (-J- 687), on trouva le corps enveloppé de ses vêtements sacerdotaux, parmi lesquels était une dalmatique de pourpre, « pretiosi generis pallium « et post hoc ex purpura dalmatica. » La chasuble